15e Stage de chant choral russe – Camp Orel 2025

Chacun a besoin de l’autre pour se révéler. ~ Proverbe Africain

C’était la quinzième et la dernière édition de mon stage de chant choral russe appelé ‘Choeur des Cimes’ par Alain Grangeon, l’ami et co-organisateur du festival ‘Vent d’Est’ en Savoie. C’est là que l’idée du stage a vu le jour,  il s’est tenu pendant dix années consécutives chaque été. Les événements liés à l’Ukraine ont joué un rôle déterminant dans la cessation d’activités de plusieurs organisations culturelles à thème russe, dont celles que je mentionne.

Pour ce dernier stage j’ai choisi un endroit tout à fait exceptionnel et significatif. Camp Orel, une sorte de camping privé fondé par l’émigration de Russes blancs. Caché de la civilisation, dissimulé dans la nature, Il existe depuis plusieurs décennies. Son grand frère, le Camp Sokol, qui est à 15 km de distance de celui-ci, donne l’accès sur le lac d’Hossegor, contrairement à Orel qui se situe sur la plage atlantique.

Les deux partagent la même conception : l’immersion dans la nature sans accès à Internet, avec pour unique confort un bungalow individuel directement posé au sol, comprenant un ou deux petits lits et une table. Une cantine pour nourrir tout les habitants du camp, où l’on peut entendre parler russe, un bar à disposition pour animer les soirées.

Quant à moi et mon amie et collègue Natalia Ermilova qui est venue pour m’aider au déroulement du stage, nous habitions chez Bebka dans la maison ancienne de 500 ans qu’elle a héritée de ses parents.

Bien que nous serions tous séparés, nous nous retrouvions pour partager des repas, chanter ensemble et profiter de verres sur la terrasse de Bebka. Deux sorties ont été organisées : dégustation d’huitres fraichement pêchées au lac d’Hossegor et la visite du camp Sokol.

Comme j’étais déjà venue à cet endroit auparavant, je souhaitais profiter de la plage naturelle qui se trouvait à 20 mn de marche à travers la foret. Mais, peu avant notre arrivée, la préfecture des Landes a émis un arrêté interdisant de traverser la forêt de 14h à 22h. Deux jours plus tard, l’interdiction a été mise en vigueur dès 8h du matin ! La solution était de prendre la voiture et joindre les plages organisées et surveillés. Il y a de quoi s’attrister.

Heureusement, le groupe de stagiaires a réuni des voix magnifiques. Les deux premiers jours ont été très encourageants, nous avons progressé rapidement sur deux chansons russes : « Tcherny voron » et « Ah, Samara gorodok ». Le troisième titre « Polegnala e Todoro » etait en bulgare, mon coup de coeur et aussi le signe d’amitié entre les peuples où la musique transcende les frontières. Pour ceux qui ne le savent pas, la langue bulgare utilise l’alphabet cyrillique. Il nous a fallu deux jours complets pour apprendre 4 voix/pupitres sur un rythme 11/16 caractéristique de la musique des Balkans, peu familier à l’oreille européenne.

Je vois tout l’enseignement sous le prisme de apprendre à apprendre. Une fois que j’entend chaque choriste reproduire correctement sa voix et la prononciation de sons russes, j’estime que le travail est abouti. Il est toujours possible de s’améliorer, mais cela nécessite une maturité de la chorale et un travail soutenu sur le long terme.

Je mets fin à ce beau projet où j’ai eu la chance de rencontrer des personnes formidables, dont certaines sont devenues de véritables ami-e-s. Toutefois, je poursuis mon engagement dans le domaine de l’enseignement. Je chercherai une autre forme de transmission de savoir et d’émotion par le biais de la musique. Bien sur, je ne manquerai pas de vous le communiquer.

Voici les trophées visuels de la semaine du stage, suivis des remarques des stagiaires qui étaient présents.



Commentaires des stagiaires :

Jean Clairambault

Pour ma part, tout à fait novice en chant choral, j’ai beaucoup appris de ce stage, et notamment que j’avais encore beaucoup de choses à apprendre pour améliorer mes capacités de chant, aussi bien en individuel qu’en choriste, capacités que j’ai découvertes en moi encore bien faibles. J’ai bénéficié, en plus de tes conseils, de ceux, déterminants, de Corinne et de Marie-Françoise, et je les retiendrai tous. Tu sais que les polyphonies bulgares, ça n’était pas et ça n’est toujours pas ma tasse de thé, mais je crois quant à moi que cette partie de ton programme était vraiment la plus importante pour toi… et la plus difficile pour tout le monde. J’aurais aimé qu’on travaille bien davantage Черный ворон, qui n’était au final pas assez abouti à mon avis, et qu’on aille aussi du côté d’autres chansons russes traditionnelles, ou plus modernes et plus faciles (mais trop faciles, trop bateau pour toi ?), dans le genre de Гайда тройка, ou Подмовские вечера, ou Весна, par exemple, pour en citer quelques-unes que je connais. Mais voilà, comme je le comprends, tu voulais vraiment tirer de nous – avec efforts et patience – quelque chose d’abouti sur Полегнала е Тодора, c’était ton choix, et je l’ai accepté.

PS : J’ajoute que le choix du camp rustique et très accueillant d’Орёл pour cadre de ton stage était un très bon choix. L’équipe autour de Charlotte, Nikita, Tatiana, plus Natalia et toi, était très chaleureuse, et la forêt landaise au bord de l’océan une belle découverte pour moi.

Valentine Grosjean

Je vous remercie pour ce beau stage, pour votre grand coeur ouvert à tous et pour toutes les activités proposées en plus du chant et le lieu magnifique que vous avez choisi pour cette année m’a ravi car je me suis replongée dans de très anciens souvenirs !!

Spasibo i privet

Corinne Deville

Tout a été dit, merci Jean pour ta réponse complète et détaillée qui fait écho en moi. Ce fut un stage très instructif et intéressant pour moi qui découvrais un peu le domaine du chant russe mais je suis restée sur ma faim. J’ai  trouvé qu’on n’avait pas assez consacré de temps à travailler en profondeur des morceaux magnifiques mais difficiles techniquement. Le chant bulgare était selon moi inadapté au niveau du groupe et nous a fait perdre un temps précieux. J’ai bien aimé les moments d’échauffement vocal , un travail complet et salutaire. Merci de nous avoir fait connaître ce lieu incroyable et inoubliable dans les landes. 

Christian Albares

Moi je suis ravi de ce stage. Le lieu est magnifique et les gens très gentils. Bien-sur, c’est loin de chez moi. Le voyage sur 2 jours, c’est mieux.

Ta pédagogie, extra. Difficile de faire plus et mieux en 5 séances. Peut-être on pourrait aller plus vite ou plus loin si tu enregistres chaque voix de chaque chant, en entier, avec l’accompagnement en-dessous mais, encore faut-il que chacun(e) prenne le temps de travailler avant le stage… 

Pour moi, l’essentiel n’est pas vraiment le résultat final, toujours un peu frustrant, mais la joie du travail en commun tout au long de ces heures de répètes, les petites pauses concoctées par Natalia, les couacs par ci ou par là, la bonne humeur générale dans l’ensemble, malgré chaleur et petites bêtes piquantes !

Merci encore ! 

Sabine Caffin

Voici mon ressenti qui n’engage que moi et repose sur ma propre identité et mon histoire personnelle ! 

J’aime l’aventure et la nouveauté, aussi j’ai adoré ce chant bulgare si loin de nos sonorités familières .

J’ai aimé me frotter à cet inconfort acoustique que procure chacune des voix prises séparément, pour aboutir à l’harmonie magistrale une fois réunies ! 

Je réécoute avec délice et étonnement ce chant, et découvre chaque jour une nouvelle facette de sa richesse et de sa complexité mélodique et rythmique .

Néanmoins, il faut admettre que pour notre niveau et notre effectif restreint, il n’était pas raisonnable de s’attaquer à cette forteresse musicale….

Chacun d’entre nous a participé à ce stage avec son bagage et ses propres attentes ; je suis restée sur ma faim quant à la durée des répétitions où le chant lui-même n’occupait que peu de place : une répétition supplémentaire quotidienne m’aurait davantage convenu, ainsi que le travail de chacune des voix séparément et dans un local séparé, avec Natalia par exemple ?

Enfin, le camp Orel  était en totale harmonie et symbiose avec le thème du stage, improbable oasis de calme et  lieu unique d’ancrage intergénérationnel de la tradition russe.

Une très belle expérience pour nourrir de très bons souvenirs !

Natalia Ermilova

Après un long voyage depuis Paris, on est enfin entré dans la torpeur riche et humide des pins qui régnaient haut, nos pas sur le sable craquaient les aiguilles, la maîtresse des lieux Bebka nous accueillait cigare à la bouche, cœur sur la main, elle sortait de son izba aux fenêtres ouvertes comme d’un conte, le dîner préparé par Pascal était servi, il était bon, presque russe.

J’ai rencontré Corinne, grande voyageuse, qui ressemblait à une gazelle, s’osait à l’autostop, avait loué un vélo pour la semaine et croquait la vie à pleines dents ! Valentine, belle comme une petite pomme, qui faisait du yoga et parlait ce russe des russes blancs que j’aime tant, Françoise, avec sa posture gracieuse et une voix pure et sonore, Sabine, sourire aux lèvres, qui chantait comme si elle était slave, Jean, qui nous charmait de ses bouclettes blondes et de ses discours scientifiques, Vera, royale, exigeante et multidimensionnelle, Marie-Françoise et Olivier, le couple de choc qu’on aimerait toujours avoir à nos côtés, et Christian, un être sans pareil avec sa voix magnifique et sa curiosité éternelle pour la vie.

Veronika nous offrait son kvas, on affrontait la dune, on défiait la chaleur, on discutait à table dans le jardin de Bebka, on se retrouvait hors du temps, c’était bon, c’était doux, c’était de l’amour, si ça pouvait continuer encore…

SPASIBO Veronika, pour cette authenticité et ton courage! 

je vous embrasse tous,

Natalia

Voyage en été en Russie, recherche spirituelle

Страдание – поиск – путь – освобождение / Souffrance – recherche – chemin – libération

C’est mon ami Kaïrat Aouelbek, l’ancien collègue de mes études à St Pétersbourg il y a 30 ans, qui m’a dit cela lors de notre rencontre le dernier jour de mon voyage.

Je ne vous raconte pas tout, seulement ce qui me pousse à agir, les raisons qui motivent mes choix et les leçons que j’en tire après mes actions.

Vivre dans deux pays, comme c’est le cas pour moi et pour de milliers d’immigrés à travers le monde, suscite un sentiment d’être étranger dans chacun d’eux.

L’herbe est plus verte ailleurs, croit-on, jusqu’à ce qu’on le vérifie. Le déracinement n’a lieu qu’une seule fois, après quoi, tu vagabondes.

Même si tu choisis de t’installer quelque part et d’y planter de nouvelles racines, il faut parvenir à fermer totalement le livre du passé. Ou alors, trouver une manière de coexister avec toutes ces réflexions qui émergent : d’où je viens, où je vais et pourquoi ?

D’où je viens ? C’est une question complexe que ne se limite pas au lieu de naissance mentionné sur les documents. C’est l’ensemble des héritages : familiaux, culturels, géographiques, climatiques, sociaux et politiques qui nous façonnent.

Où je vais ? Je crois que c’est la question la plus importante. Si on sais pas dans quelle direction se diriger, on risque de stagner et se retrouver dans un état de frustration. Le Jésus nous apprends à aimer son prochain tout en côtoyant les gens. Dans le bouddhisme on doit se recentrer individuellement, rester assis et méditer. Personnellement, je n’arrive pas à me réconcilier avec le christianisme après l’athéisme soviétique, la spiritualité asiatique me parait plus appropriée en ce moment de mon parcours. Pour libérer ma tête du quotidien banlieusard parisien je me suis efforcé d’aller à la rencontre de je ne sais qui et de découvrir je ne sais quoi.

L’Aller en Russie

Ayant appris de l’expérience amère de cet hiver traversant la frontière en Lettonie, j’ai changé l’itinéraire et le pays de transite : Paris – Gdansk (Pologne) – Kaliningrad – Moscou – Ijevsk.

Première leçon ne s’est pas fait attendre. La compagnie Ryanair à l’aéroport de Beauvais m’a facturé le petit bagage en cabine à hauteur de 75€. Faute de manque d’attention sur la dimension autorisée : 30x20x25, le mien mesurait 40x30x25. En arrivant à Gdansk, je découvre que la Pologne a gardé sa monnaie national. Je me suis fais une réflexion : les pays Baltes utilisent l’euro, alors que c’est la Pologne, parmi les plus grands pays d’Europe, qu’a la voix plus influente au parlement européen.

A la gare routière de Gdansk, déserte, mal entretenue, sans indications claires : il m’a fallu du temps pour trouver l’information concernant le bus en direction de Kaliningrad. Avec le retard au départ, ne me fiant plus aux 4h de trajet inscrites sur le billet, je m’étais préparé à endurer un longue voyage. Et c’était le cas – 4h de plus passé à la douane.

Dans le voyage les lois se modifient, le temps s’estompe, les gens se précipitent d’éteindre une destination et ne sont pas disponibles pour communiquer.

Moscou en transite

Comme un cadeau inattendu, dès mon atterrissage à Sheremetievo, je reçois le message de mon amie et co-auteure Marina Kniazeva, m’invitant à profiter de mon temps de transit chez elle dans sa datcha. Il s’est avéré que sa datcha, où elle se trouvait est à 80km de Moscou ! La nuit tombait, il n’y avait plus de électritchka (train) qu’allait dans cette direction, alors on décide, même si nous n’avons que 6h à passer ensemble, de prendre le taxi qui me coutera 100€ aller/retour. Cela parait correcte, mais je n’avais pas prévu ces dépenses dans mon budget. Je suis arrivée à minuit dans son SNT (sadovoïe nekomertcheskoïe tovaristchestvo) – association de jardins à but non lucratif, construit au milieu de la foret. Marina est quelqu’un d’incroyable : émotionnellement relevé, chaleureuse, souriante et toujours prête à partir à l’aventure. Après que j’ai terminé le reste de leur diner, étendus dans le silence de la maisonnette en bois, nous avons papoté tout en somnolant. Cette échange enrichissante commençait à me combler d’émotion que j’attendais de ce voyage.

Oudmourtie

Je ne peut compter le nombre de fois que je suis venu dans ce pays, ma petite patrie. J’ai toujours l’impression d’y tombé du ciel, sans que mon apparition interrompe quoique ce soi du train-train quotidiens de gens. Tout semble être bien ordonné : les arbres en ville sont taillés, les couples de tout age se promènent en souriant, les bruits du ronronnement et de sifflement de tracteurs qui réparent les routes semble ne jamais cesser.

Il faisait beau tout le long de mon séjour, ni trop chaud ni trop froid. Des moments agréables que j’ai passés à la datcha de mon amie Svetlana ou il y avait un sauna, une piscine et les fruits du jardin. La génération de mes ami(e)s est celle qui commencent avoir des petits enfants tout en ayant encore leurs parents. Un phénomène inédit pour la Russie de mon vivant : le rassemblement de 4 générations, un fait que je n’ai pas connu, ni connaitrais pas, étant donner que je n’ai plus mes parents. J’espère vivre assez longtemps et que la société soit prospère à l’avenir pour que ma fille puisse désirer avoir des enfants, tout comme les siens.

Je trouvais beau d’être là et participer au quotidien de cette famille unie. Observer la façon dont Sveta s’occupait de ses vieux parents : sa maman est très handicapée, éteinte de maladie d’Alzheimer, et le papa a subit une attaque d’AVC. En plus des vieux elle accueillait ses deux jeunes petits-enfants. Elle avait l’air fatigué. Pas étonnant, jours et nuits être sous pression de besoins de tous, mais jamais je n’ai aperçu quelconque agacement de sa part. Que de l’amour et de la bienveillance.

Puis, Sveta m’a prêté sa voiture pour que j’aille dans mon village. J’ai appréhendait d’y aller, depuis que ma maman est partie, la maison a pris un coup de vieux, je ne sens plus pouvoir l’entretenir à distance. J’y est bien dormis. La maison est claire et calme, les murs, les portes, les fenêtres me sont familiers. Je suis resté deux jours à trois reprises, entre temps, je vagabondais en rencontrant les âmes de gens sur les routes.

Rencontre avec les copines de classe

A Votkinsk, la ville où j’ai fais mes premiers pas dans le monde de la musique, un groupe de filles se sont réunit pour la première fois depuis 30 ans après notre terminale. Nous étions 6, celles qui étaient disponibles et à proximité de l’endroit en ce moment.

En dépit des changements dus à l’age, nous nous sommes rapidement reconnus et avons retrouvé les repères qui semblaient perdus. C’était fascinant d’observer la progression de chacune d’elles dans la vie, en les connaissant depuis leur jeunesse. Je ressentais aussi que j’étais le sujet d’observation : « Ah, Veronika, tu n’as pas changé ! J’ai pas l’habitude de te voir avec les cheveux long. L’autre ajoute – et moi je la préférè comme ça. » Puis j’ai invité mon professeur d’accordéon, qui est venu et a complété les souvenirs, parlant d’enseignants encore en vie ou d’autres qui nous ont quittés.

Pour moi la soirée s’est terminé chez les amis de mon prof. Une table garni de pérépetchi (spécialité oudmourte qui ressemblent aux petites pizza) m’attendait dans une grande maison au bord du lac de Votkinsk. Le jardin débordé de différents fruits de l’époque. Un voisin est venu avec son accordéon (garmochka), très belle objet fait par un luthier, nous l’avons tourné entre nous, jouant des morceaux différents, chacun à sa manière. En suite, ils ont chauffé leurs sauna, qui était minuscule comparé à la taille de leur maison dotée de nombreuses chambres remplis de fleurs et de plantes vertes, sans oublier les grands balcons.

L’hospitalité chaleureuse ne se limitait pas uniquement à la soirée avec le repas copieux que nous avons à peine entamé, une ballade en barque motorisée sur le lac m’attendait le matin. Nous avons remonté jusqu’à la source de la rivière Votka, qui approvisionnait en eau cet énorme lac (proud). Des hérons cachés dans les buissons, des nénuphars qui bordent les rives, des faucons en quête de petits oiseaux survolant la forêt, le vent qui souffle en plein visage, je me sentais comme une invitée de la nature.

Molebka

J’ai enfin réalisé mon voyage à Molebka que j’avais programmé et raté l’hiver passé à cause de la neige. Maintenant, par un bel été, j’avais plus de chance d’y arriver. De Perm, où ma cousine Dina m’a hébergé, jusqu’à Molebka, un village isolé en pleine forêt, il y avait 200 km. La route était bien jusqu’aux derniers 20 km. Comme cette route n’était pas asphaltée, les quelques voitures qui circulaient créaient d’énormes nuages de poussière qui se déposait sur les feuilles des arbres à coté.

L’habituée de villages, où tout le monde se connaît, je ne m’inquiétais pas de devoir trouver Xavier sans avoir son adresse. Il s’agit d’un français, l’ami d’une amie, avec qui j’ai communiqué par téléphone et qui a accepté de nous accueillir et faire connaissance. J’étais motivé par deux objectifs : – Que pourrait faire un français dans un village russe déserté par ses habitants ? et voir, Comment il a su s’adapter dans le milieu de la société russe, que j’ai délaissé pour m’installer en France, la terre natale de cet homme ?

Dés rentrer dans sa maison j’étais agréablement surprise d’entendre un français parler en russe la ‘langue de la rue‘. Ses phrases étaient fluides, seul accent trahissait son origine, car physiquement il pouvait facilement passer pour un moujik oudmourte, roux avec des yeux bleus. Après qu’Il nous a fait gouté de son pain, son fromage et le kvas d’ortie, nous nous sommes allé explorer le village et ses environs. Un site sacré, connu depuis des siècles, où se rassemblaient les tribus païennes pour réaliser leurs rituels d’offrandes à leurs divinités. La vue est époustouflante à des kilomètres de forets sans une vie à l’horizon. Un endroit où tu te sens au bout du monde. C’est un véritable cul de sac, il n’y a que la voie du retour. Je ressentais enfin l’endroit idéal pour m’assoir face à l’immensité, me poser des questions et méditer dessus.

Après avoir parcouru l’ensemble du village et avoir expérimenté une session de banya que je ne peux m’empêcher d’essayer chaque fois que j’en ai l’occasion, comme on déguste un bon vin, je me suis installée dans une tente au bord de la falaise pour la nuit. J’étais comblé de joie à l’idée d’observer le lever du soleil depuis cet endroit. Sauf que non, le ciel a commencé se couvrir et à l’aube, l’heur du lever du jour la pluie s’est déclenché traversant le tissus de ma tante. Le terrain sur lequel je me suis posé appartenait à Fedor, un nouveau habitant du village, venue de loin, qui bâtissait ici sa nouvelle demeure en briques afin de la terminer avant l’arrivée du froid. Généreux et attentionné, il émanait de lui une aura de pureté et de sagesse. Je me suis dit, voilà, c’est pour cette rencontre que j’ai parcouru des kilomètres. Je nous ai visualisée au petit déjeuner en train de philosopher autour d’un café, tout en regardant la forêt sauvage à travers sa grande fenêtre ouverte. J’ai eu un aperçu de mon rêve qui se terminait avec la pluie qui n’en finissait pas et qui nous a poussé à fuir avant le réveil de tout le monde. Mais je suis convaincu que la nature et l’univers m’ont réservé quelque choses en échange.

Retours à Kigbaevo

Vous qui me lisez actuellement, vous pourrez trouver sur ce site les souvenirs du festival Parijevsk que j’ai orchestré durant cinq années d’affilée, en entrainant des dizaines de français avec moi. Je m’y projetais pendant longtemps de créer une résidence artistique. Le décès de ma mère en 2015 m’a profondément affecté et récemment, j’ai voulu me remettre et poursuivre ce projet. Initialement, construire le banya avec une salle de repos et progressivement, aménager le reste du site qui commençait à se dégrader en l’absence de sa maîtresse. Lors de ma venue en hivers j’ai rencontré mon voisin, un ami de la famille. Nous nous sommes entendus sur le bâtiment et le coût de la construction, qui devrait être achevée avant mon séjour cet été. Cet homme, que je ne vais pas nommer, s’est mis en collaboration avec un autre qui devait fournir le matériel et avec qui j’ai signé un accord pour la réalisation des travaux. Ils étaient censés débuter en février, j’ai même envoyé une avance pour l’achat du bois et vers le mois de mai la communication s’est arrêté. Les tâches non accomplies et l’homme en possession de l’argent a disparu.

Dans mon passé j’ai déjà fait face à des procédures judiciaires de divorce et devant le tribunal du travail, maintenant je vais les poursuivre en justice civile pour fraude et vol. La confiance en l’humain a pris un coup. On m’a dit que ces choses peuvent s’étendre sur des mois et des années. L’illusion de construire un havre de paix en Russie s’est effondré. Seule espoir est de récupérer les sous et les investir ailleurs, dans un autre lieux paradisiaque. Ma mère a toujours rêvé de partir en voyage et de quitter ce village. J’ai fais tout mon possible pour me rapprocher de sa tombe, mais je pense que si les choses prennent une telle tournant, il est temps que je me concentre sur d’autres aspirations.

Concert

La vie n’est pas faite que de peines et de désillusions, elle est également pleine de générosité. Elle peut prendre d’un côté et donner de l’autre. Ainsi, Marina Sannikova, une amie musicienne d’Ijevsk, m’a contacté pour me proposer de chanter lors d’un concert. Bien sur que j’ai dis oui ! Une petite répète et voila, on est sur la scène estivale sur la place centrale de la ville, deux jours avant mon retour en France.

Lien pour la vidéo du concert : https://youtu.be/b0Y5WnTZ9Kg

Trajet du retour

Depuis le début du conflit avec le pays voisin, la Russie a entrepris une modernisation rapide. Les transactions par carte de crédit sont possibles dans tous les bus, taxis, tramways, boutiques, épiceries, et plus encore. Les services publics, de même que les paiements aux fournisseurs d’électricité, de gaz et d’eau, ont tous développé une application mobile. Vous pouvez à partir de votre appli Sberbank payer l’ensemble de ces fournisseurs et même facturer des prestations si vous êtes un entrepreneur individuel. Pour info, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est de 4 à 6%

Avant ma venue en Oudmourtie, à Ijevsk il y avais une explosion due aux attaques de drones. Par conséquent, pendant toute la durée de mon séjour et même après, l’accès à Internet mobile a été suspendu dans toutes les villes d’Oudmourtie sauf les campagnes et villages qui ont était épargnés. Donc, pour prendre mon vol à minuit, j’ai pris un taxi. Et voilà, sans accès à l’internet, je n’ai pu le payer par carte, le chauffeur ne disposait pas d’argent liquide pour me rendre la monnaie, j’étais contrainte de lui laisser un billet qui dépassé d’un tiers le prix affiché.

St Pétersbourg

Au retour j’avais une escale de 18h à St Pétersbourg. Je m’organisais toujours de manière méthodique, et pour cette ville, 2 jours avant l’arrivée, j’ai pris contact avec une amie d’enfance pour me faire héberger. Même si elle n’était pas là en personne, je pourrais avoir accès à son appartement. Mais, le destin avait d’autres plans pour moi : un ami musicien, Kaïrat Aouelbek, avec qui j’ai étudié à Saint-Pétersbourg au début des années 90, m’a contacté de manière spontané, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant. Il m’a proposé de prendre en charge mon court séjour. Nous parlions non stop de la spiritualité, du bouddhisme où chacun a son propre maître, de la guerre qui n’est pas réelle, des voyages superflus, et que le bonheur se trouve en nous-mêmes. Ainsi, nous avions de nombreuses idées en commun et l’on a continué à les partagées encore 2-3 jours après mon arrivée à Paris.

« Moia malen’kaia », romance sur le poème de M.Tsevaeva. Avec Kairat, on se fait plaisir de jouer ensemble dans un café déserté :

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Kaliningrad

A nouveau je me suis retrouvé à Kaliningrad, la ville où j’ai effectué ma première escale lors de mon voyage aller. J’y ai loué une petite chambre pour 15€ dans un hôtel qui semblait être figé dans l’air du temps soviétique. C’est comme dans une kommounalka (appartement communautaire). Il y a une salle de bain commune et une cuisine, ainsi qu’un petit coin avec un canapé pour se détendre. C’était tranquille, étant donné sa situation éloignée du cœur de la ville. Juste à l’angle de l’hôtel se trouvent deux supérettes, c’est très commode. Si vous envisagez de visiter la Russie, je vous suggère le site Sutochno.ru, une alternative à Airbnb où vous trouverez une large gamme d’options d’hébergement.

Mon bus pour Gdansk démarrait à 6h du matin de la gare routière qui se trouve à 5km de mon hôtel. Suite à une mauvaise expérience à Moscou, où au départ de chez Marina aucun taxi n’était disponible à ces horaires pour m’amener à l’aéroport, je me suis préparé de faire la marche à pied, me levant à 4h. La dame à l’accueil m’a offert son café que j’ai mise dans un bocal de confiture vide qui trainé dans la cuisine et je suis sortie attendre le taxi. Pour ce service il y a une application très pratique dans des grandes villes, Yandex Go, un équivalant russe de Bolt. La voiture est arrivé en 15mn. J’ai été déposé à la gare bien en avance. Sur les quais j’ai aperçu un bus en direction de Gdansk, j’ai couru pensant que c’est le mien, mais il s’est révélé que son départ était à 5h30.. En attendant le conducteur, j’ai fais connaissance avec une famille russe qui se rendait également à Paris. J’étais soulagée de ne pas être seule à franchir la frontière, cet endroit véritablement traumatisant. Mais, je devais attendre 6h, l’heur de mon bus. J’ai vraiment regretté de ne pas avoir réservé le billet pour cette horaire, car j’ai un vol a prendre autour de midi. Compte tenu de la situation à la frontière, j’avais peur de manquer mon avion.

Frontière

Tout en gérant mon stress, je me suis dit qu’il ne s’agissait que d’une demi-heure de différence, je vais être à l’heure. Après une heur de route notre bus c’est arrêté, c’est donc la frontière. Devant nous s’étendait une file de voitures et d’autobus. Alors que nous attendions tranquillement pendant plus d’une heure, notre chauffeur nous réunit pour nous informer que notre bus est tombé en panne et qu’il nous faudrait attendre le prochain pour poursuivre notre route. Une légère inquiétude me prend : il ne me reste que quelques heures de mon voyage sans trop d’imprévu, ce n’est pas le moment pour avoir des ennuis. Épuisé par mon manque de sommeil, je me dis que tout finira par s’arranger, car Dieu veille sur moi. Mais l’autre petite voix me dit : si tu t’occupes pas de toi, personne ne le fera. Tout le monde s’en fiche si je rate mon avion. Il me faut trouver une solution.

Donc, je descends du bus avec mon sac à dos pour trouver une option de covoiturage. En continuant un peu, je reconnais la famille russe que j’ai croisée à la gare. Avec un sentiment de soulagement je vais voir le chauffeur en lui demandant s’il pouvait me prendre jusqu’à Gdansk. Il m’informe toutefois que je dois repayer mon ticket* car il ne s’agit pas de la même compagnie. Il n’a pas du tout été surpris par ma requête, comme si ce genre de circonstances était habituelle. Je lui ai fais un virement et montais dans le bus qui avait de nombreuses sièges libres. Finalement, j’ai récupéré le bus que je regrettais à la gare.

Le reste du trajet s’est déroulé sans problèmes, comme la lettre à la poste, tout n’était qu’une question de temps de transports.

* Le jour suivant mon arrivée à Paris j’ai appelé l’agence (Туту) qui m’avait vendue le billet du bus tombé en panne. Dans 3 jours il m’a été remboursé intégralement !

Résumé

Je pensais que le mal être que je ressens était due au fait que la Russie me manquait, et qu’il fallait absolument le combler. J’ai constaté que la-bas les problèmes sont les mêmes qu’ici. La gangrène engendrée par le capitalisme, où chacun agit pour son propre intérêt, s’est infiltrée dans toutes les couches sociales. De rares personnes, surtout celles qui se dévouent pour le bien-être de leur famille proche, demeurent humaines. La course auprès du confort matériel n’a pas de limite. Tout le monde veut avoir sa maison, sa voiture, son espace de vie. Les valeurs telles que l’entraide et la solidarité sont mis au second plan, voir complétement disparue. Les arnaques, l’injustice, les mensonges règnent de partout. Il est pratiquement impossible de vivre isolé, les sociétés engagent tout le monde, on n’a même pas le temps de prendre une journée de repos sans qu’une dette te tombe dessus. Si ce n’est pas une question d’argent, c’est alors un reproche émotionnel masqué sous les airs de moralité.

Le chemin de réflexion continue et je vous dis à bientôt, au prochain rdv en voyage.

Amicalement, Veronika 4

PS : images avec réflexion

Voyager en Russie : Mon Évasion Hivernale

La tolérance atteindra un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toute réflexion afin de ne pas offenser les imbéciles. F.Dostoïevski

Y a t-il une vérité ? – chacun a la sienne.

Préambule

Pour fêter la fin d’année 2024 je me suis immergée dans la neige ouralienne. Je me suis isolé quelques jours dans la maison héritée de ma mère, j’ai rencontré mes amies d’enfance, j’ai chanté 4 fois sur scène, j’ai absorbé les vies des autres, écoutant leurs histoires personnelles.

Les instants de voyage

Quelques situations dont les détails ont retenu mon attention.

Voyager en Russie

Pour aller en Russie en ce moment, c’est un parcours de combattant : les voies aériennes sont fermés depuis l’Europe sauf via la Turquie. Pour les billets directs il faut disposer de moyens considérables ce qui n’est pas le cas pour moi. On peut aussi le faire en deux étapes : voyager de Paris à Istanbul puis, – d’Istanbul à Moscou, à savoir, que le dernier on ne peut acheter qu’avec la carte bancaire russe, que je n’ai pas. J’ai donc opté pour le trajet le moins cher mais plus long : avion Paris-Riga, puis en bus Riga-Moscou 19h et plus, si l’on est retenue à la douane. C’est ce qui s’est passé ! Nous sommes resté 10h supplémentaires : 4h en Lettonie et 6h à la douane russe pour des raisons inconnues. Il y avait des chuchotements parmi les passagers comme quoi que nous attendions un italien et deux allemands qui ont été interrogés sur des sujets politiques.

Durant ces dix heures nous avons patienté dans le salon du bus où le moteur tournait sans arrêt pour maintenir le système de chauffage. Personne n’a râlait. On ne se parlait pas ou très peu. On somnolait. Arrivée à 23h du soir, nous repartions à 8h du matin, soit encore 1h de plus, suivant le décalage horaire. Un léger soupir de soulagement retenti lorsque le bus a démarré en douceur sans que le chauffeur ne nous prévienne. Tout les terribles souvenirs de l’attente ont été effacés par le lever du soleil et le paysage enneigé qui s’étendait à l’infini sous nos yeux.

Moscou en transite

A Moscou j’ai réservé un logement rbnb. Pour y accéder le soir dans la nuit tombée, chargée de valises, dans le froid -17°C et avec une fatigue accumulé suite au 30h de position assise, un taxi s’impose. Heureusement, un jeune chauffeur d’origine Azérie, a accepté les 20 euros (car nous n’avions pas encore de roubles) me demandant combien ça vaut en roubles (?) 🤭 Quelle confiance !

Christian

Je vous presente Christian Albares, un de mes stagiaires de la choral russe de l’été 2024. C’est à ce moment qu’il m’a parlé de son future voyage en Russie pour découvrir l’âme slave. On a décidé de partir ensemble pour s’entraider mutuellement. Je me sens plus entière lorsque je peux faire vivre la culture française en Russie. Christian avait besoin d’un guide pour se procurer le visa, choisir le chemin, acheter les billets, des conseilles pratiques pour faire face aux difficultés hivernales du pays. Chacun s’est préparé différemment : moi – mentalement avec une petite valise légère, lui, avec un portefeuille noué autour du cou, une grosse moumoute et une lourde valise. Un détail à ne pas négliger, Christian a 72 ans avec un probleme au pied, ne voit que d’un oeil et son deuxième, récemment opéré, couvert de silicone. Je suis encore sous l’admiration de son courage !

Métro

La meilleurs façon de se rendre à mon village est de prendre le train sibérien au départ de la gare de Kazan de Moscou. Il vaut mieux acheter ses billets à l’avance pour avoir des couchettes confortables et moins chers, c’est ce que nous avons fait avant de prendre notre vol. Le métro moscovite est connu pour être bien pratique et souvent plus rapide qu’un taxi.

Alors qu’il marchait dans les couloirs du métro, Christian s’est arrêté en essuyant ses larmes, a prononcé :  » Il n’y a pas de mendiants ici  » Puis en avançant plus loin –  » Il n’y a que des blancs « 

Train

La destination de notre train était Moscou – Oulan-Oudé, la capitale de Bouriatie. Certaines hôtesses de voitures typées d’Asie centrale me renvoient le miroir.

Tels de vrais gourmets français, après avoir été placé nos affaires dans notre compartiment, nous nous sommes dirigés vers le wagon-restaurant. D’ailleurs, c’est devenu moins poétique qu’avant, mais il y avait encore des plats cuisinés. Pourquoi je dis ‘encore’ ? Parce qu’un provodnik m’a dit qu’ils seront bientôt supprimés pour laisser place aux bistrots, c’est a dire, la voiture avec des tables de bar, les repas seront distribués dans nos cabines, comme dans un avion.

SberBank


L’une des raisons pour lesquelles je suis venu en Russie était de régulariser ma situation administrative en tant que Russe. Étant le propriétaire d’une maison et d’un terrain, je dois payer les taxes foncières et surveiller les payements de charges de mes locataires successifs. Pour cela il me faut un moyen de payement à distance. Alors, le premier jour, nous sommes allés à la banque de Sarapoul, la ville d’à coté.

J’en ris encore de ce moment. En rentrant à l’intérieur de la banque, je prends les tickets d’attente à la borne pour le guichet de change, Christian me dit : « On dirait l’accueil de la Sécurité Sociale ». Puis, – « Pourquoi ils sont tous habillés ? Ils gardent même leurs chapeaux ?! » (Au bout de trois jours, à force de se vêtir et de se dévêtir plusieurs fois dans la journée, il a compris.)

Nous avons fait la queue pendant une heur, assis, comme tout le monde. C’était compliqué, long, mais on a pu tout faire en une après midi : ouvrir un compte bancaire, obtenir une carte Mire, déposer de l’argent, acheter les cartes sim russes avec 50Ga à 5€ par mois. Christian est le premier étranger à ouvrir un compte dans cette ville ! Tous deux contant de notre russification nous sommes retournés dans le village, en emportant en chemin de la bière locale, du poisson fumé, les kakis d’azérie et des cacahouètes crues.

Ekaterinbourg

Le jour suivant, je devais prendre le train pour Ekaterinbourg, laissant Christian seul dans ma maison de Kigbaevo pour une semaine. Je lui ai présenté plusieurs habitants du village afin qu’il sache vers qui se tourner en mon absence. Cependant, j’ai relâché ma vigilance et, en raison du changement de fuseau horaire, tout mon emploi du temps sur mon téléphone a été perturbé, ce qui m’a conduit à arriver à la gare avec trois heures de retard. J’ai dû acheter un nouveau billet pour le lendemain au départ d’une ville voisine.

Le groupe Izumrud m’attendait avec joie. D’ailleurs, Ils ont toujours l’aire heureux. J’ai beaucoup discuté avec Jenia, le batteur et compositeur du groupe. Lui et sa charmante femme Olia, m’ont hébergé chez eux, dans un appartement d’un immeuble stalinien, situé au centre de Ekaterinbourg. La fenêtre donnait la vue sur le canal enneigé avec un immense sapin de Noël décoré au sol. Nos discussions tardives, arrosés d’alcool avaient du mal à trouver la conclusion. Chaque soir, nous recommençons à mettre nos coeurs sur la table, mais nous ne parvenions pas à s’entraider, car tout deux créateurs, nous ne sommes jamais satisfaits de la vie.

Entre temps, je suis allé voir une amie à Nijnaia Salda. Il faisait très froid, je caillais avec mon manteau parisien. Le soir on est allait se réchauffer dans un sauna/banya. Allongées sur les bancs, nous avons philosophé avec Irina sur une anecdote qu’on m’a raconté à Ekaterinbourg : « Un petit oiseau est assis sur une branche. Il a deux jambes, surtout, celle de gauche. »

Oudmourtie

Ma petite patrie m’accueille toujours avec les bras ouverts. J’ai pu donner deux concerts pour une centaine de spectateurs. Connaisseurs de mon arts sont toujours présents, leurs niveau d’écoute est égale à ma force de l’envoie. A ces moments je me sens chez moi, dans ma famille, comprise et requinquée.

Le seul grand bémol c’est le manque de banya. Le mien a subit une dégradation de poêle avec le temps. Je ne trouve plus un autre banya avec la meme qualité de chaleur. J’en ai visité plusieurs, mais non, ce n’est toujours pas ça. Je dois y retourner, pour reconstruire le mien.

Berezniki

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis née dans la ville Bérezniki qui se trouve à 200km au nord de Perm. J’y ai vécu mes deux premières années, mais je n’en ai aucun souvenir. Par contre, j’y reviens régulièrement. Car en 2006, lors de ma première tournée en Russie, j’ai eu la chance de rencontrer Igor Markeev, un vrai manager, qui depuis, m’a toujours réservé un accueil que méritait l’Artiste.

Molebka

Avec Christian nous avions un objectif similaire : rencontrer un citoyen français qui s’est installé vivre en Russie. Lui, à Péreslavl, près de Moscou, moi, à Molebka, près de Perm. Ce qu’il a vécu, vous pouvez lire en détails sur son blog. Quant à moi, un obstacle de caractère douteux, m’a empêché d’y aller. Avec Xavier nous ne nous connaissons pas, c’est un ami d’une de mes amies. Auparavant, nous avons échangé 2-3 fois au téléphone. Il habite un village qui est connu comme une zone anormale, dite Triangle de Moleb Je suis croyante mais de manière modéré. Alors, quand Xavier m’a parlé que tout le monde ne réussit pas à y arriver, seules les personnes acceptées par le lieu peuvent y accéder, je ne le prenais pas au sérieux.

Ma cousine Dina, qui habite Perm, exprès pour moi a pris deux jours de congés pour m’y amener avec sa voiture. Elle s’inquiétait beaucoup que la route soit bloqué par la neige. Je n’écoutais personne, rien ne me faisait peur. Alors, le matin du dimanche, après avoir chargé la voiture de nourriture et de sacs à couchage, Dina mets la clé de contact et, silence. La voiture ne démarre pas. Une Volkswagen dernier modèle, bien entretenue qui n’a pas eu de problèmes depuis un an, ne réagit pas.

Dans deux heures le mécanicien est venu. Il a bricolé quelques minutes, puis a fait un tour de passe-passe et vroum, le moteur a démarré. On a dû faire encore quelques réglages qui ont repoussé notre voyage à 15h. La nuit commence à tomber. Xavier m’appelle et conseille de ne pas prendre la route après un tel départ. C’est un mauvais signe. Dina aussi, elle connaît ses limites, ne souhaite pas rouler la nuit. J’accepte de rester et nous finissons la journée dans le banya.

Le retour

Je garde de bons souvenirs de mes voyages en train dans le passé : les conversations avec les inconnus, les rencontres chaleureuses. Mais les choses ont changés. Maintenant, les trains sont modernisés, les voitures sont reliées avec des portes automatiques et des couloirs chauffés. Les toilettes chimique sont propres avec une douche à disposition. Dans les compartiments à quatre passagers une prise pour charger le téléphone est disponible à coté de chaque couchette. Ce qui fait que chacun est noyé dans l’écran de son téléphone. Il n’y a plus tellement de gens qui apportent la nourriture avec soi, car il y a un repas compris dans le billet.

Avec Christian on se retrouve à Moscou. Après une semaine d’errance en solo, nous n’avons pas été étonnés de nous retrouver, mais ravis de continuer l’aventure à deux. On va à la gare routière Severnye vorota pour prendre notre bus Ecolines, qui nous amène à Riga. C’est la dernière liaison terrestre active entre l’Est et l’Ouest.

Dans le passé, plusieurs fois je suis allé en Oural en voiture, je connais toutes les douanes, celle-la était la pire. Les camions s’étendent sur des kilomètres en attendant leur tours pour passer. Notre bus ne fait pas la queue, mais chaque passager se fait fouiller les affaires pour neutraliser la contrebande. Actuellement, suite aux sanctions, tout peut être perçu comme une menace pour la sécurité publique. J’ai pourtant fais les recherches sur internet concernant les objets prohibés ou soumis à une déclaration obligatoire. Le chauffeur nous informe sur les règles de conduite et précise qu’il est défendu de transporter le miel et divers types de noix. Il prévient aussi, que si quelqu’un aura un problème à la frontière, personne ne sera là pour l’attendre. Justement, on m’a offert 3 petits pots de miel et j’ai acheté un sachet de cacahuètes crus pour la route. Quel gâchis, me disais-je, jeter ces produits naturels, alors que je pourrais les donner à quelqu’un. Sur le Net j’ai lu un article qui parle de la lutte de la Lettonie contre la corruption. Il est essentiel que les produits à bas prix de provenance de Russie ne viennent perturber l’économie européenne.

La douane

La procédure : à la douane russe on nous a demandé si oui ou non nous avons les objets à déclarer et combien d’argents nous avons sur nous (limite est 10.000$). En mémoire, au préalable, le côté russe était très strict tandis que les Baltes étaient plus indulgents, notamment envers ceux qui détenaient un passeport européen. Il s’est révélé être tout le contraire. Le douanier letton a collecté tout nos passeports, puis fait sortir un groupe de gens pour fouiller. Je pense, qu’ils ont une intuition à travers le nom et la nationalité. J’étais appelé et Christian a resté sur son siège. Je pensais constamment à mes pots de miel dans la valise, ils me tiennent à cœur, ils sont de fabrication artisanale, je me soigne la voix avec. Il était 3h, nous étions dehors, il faisait froid, l’ambiance était lourde, nous étions considéré comme des voyous, il n’y avait pas de soutien, chacun était pour soi. J’entends une dame marteler mangiare (!) tout en faisant un geste de la main vers sa bouche. Elle essaye de dire à l’agent que c’est pour manger, ce n’est qu’un morceau de saucisson. Mais les produits a base de viande et les produits laitiers sont interdits.

C’est à mon tour de déballer mes affaires. Le douanier parle parfaitement le russe. Dans ma valise il a trouvé un paquet de cigarettes au gout de pastèque et un flocon de médicament, valocordin, une amie de Paris m’a demandé de lui en amener. Il dit au conducteur de notre bus : « J’aurais aimé de ne pas trouver cela ! » Puis, il s’en va. Il revient me dire, restez là avec votre valise. Le conducteur me dit, on va vous laisser ici. J’accepte tout, je sais que je n’ai rien fait de mal, c’est la situation exceptionnelle, je ne veux pas de stresse, je laisse les choses se faire. Le bus avec tous les passagers, m’attendait toujours. Le douanier a revenu et m’a invité à s’expliquer devant son chef. Je lui dis que je ne savais pas que ce produit était interdit, on me l’a vendu en Russie sans ordonnance. Justement, dit-il, en Russie tout est possible, mais pas à l’EU. Où est l’ordonnance française? Où est le ticket de caisse ? – Je ne garde pas de tickets, et mon amie ne m’a pas donné d’ordonnance. Une histoire sans fin. Je propose de jeter le flacon dans la poubelle. Mais, parait-il, qu’ils disposent de cameras de surveillances et n’ont pas de droit de se débarrasser de problème de cette manière. On me renvoie dans le bus. Le conducteur est désemparé, il rode dans les parages me regardant de travers. Puis, mon douanier revient et me rends le flacon et le paquet de cigarettes. Je le demande : c’est à jeter ? Il me réponds : les cigarettes – oui, mais le flacon, gardez le. Je n’ai rien compris de cet arrangement. On nous a fait poireauter 2 heures pour enfin laisser partir sans rien entreprendre. Je suis très gêné d’avoir fait attendre tout le monde. Mais après tout, je me suis dit que si ce n’était pas moi, ce serait quelqu’un d’autre, car le but, c’est de réprimer.

Riga

J’ai pris le billet un jour en avance, au cas où nous serions encore retenus à la douane. Alors, une fois qu’on a traversé la frontière, j’ai réservé un studio à Riga sur booking. Son hôtesse nous a guidée par la messagerie, laissant la porte ouverte avec la clef sur la table, sans qu’on est à la rencontrer. Curieux, mais agréable. C’était un moment d’apaisement. L’Europe nous est familier. L’air de rien, j’ai vécu en France plus d’années qu’en Russie.

Il nous restait 3h avant de pouvoir accéder au logement. Alors, nous marchons 3 km, traversant le vieux centre à pied.

Le soir, je suis allé faire les courses pour notre dîner. J’ai trouvé un supermarché pas loin. C’était une copie conforme de Leclerc, avec les mêmes produits français et européens. Les prix sont élevés comme à Paris, rien avoir avec la Russie. J’ai cherché désespérément les produits locaux…

Photos

Vidéos

La nuit de réveillon nous avons passé à construire le toboggan de neige :

@veronika_bulycheva

Nous, on a fait qqchose d’ut cette nuit du reveillon 🥳😅🛁 #chansonvoyage #parijevsk

♬ Kaverza – Veronika Bulycheva & Izumrud Ensemble

Résumé

Je ne suis qu’un élément parmi tant d’autres qui fait parti de l’univers tout entier. Je cherche ma place juste, où je saurais m’épanouir pour en fin, donner le meilleur de moi-meme. Que je vie en France, en Russie ou dans un autre pays, quelle est l’importance? Qui peut juger mon choix ? Le but ultime c’est de me rendre heureuse et rayonner du bonheur ! Une tâche qui semble facile, mais en réalité, pas tant que ça.

Hier, j’ai demandé ma fille – c’est quoi être français pour toi ? Pourquoi en France on appelle : les Français, Russes, Arabes, Africains, ets… Si je suis russe, alors je ne suis pas française (?) En Russie, depuis mon enfance, on m’a montré du doigt sur la morphologie de mon visage, disant que je ne suis pas russe, mais tatare, ou kazakh, ou oudmourte, pour ceux qui connaissent. Bien sur, pour ne pas devenir schizophrène, avec toutes ces appellations, je n’ai l’impression d’appartenir à aucune communauté. Il me reste à me ranger dans la catégorie de gens penseurs.

Je crois qu’aujourd’hui, la plupart d’entre vous serons d’accord, que récemment, le monde a reçu un coup d’accélération vers l’avant et que nous ne sommes pas prêts à une telle évolution rapide.

La Russie s’est développé à ne pas la reconnaitre. Tout est informatisé : on peut payer le ticket de bus avec la carte bancaire meme dans mon village. Le taxi vient vous chercher en 3-5mn où que vous soyez. Apres le concert, au lieu de mettre l’argent dans le chapeau, les gens l’envoient directement sur le compte bancaire via numéro téléphone. Il faut juste créer le compte d’auto-entrepreneur et payer 4% d’impôt de la sommes versé.

Il est urgent de s’ajuster avec le monde. Je prévois des projets pour cet été, je ne manquerai pas de vous inviter à participer.

Amicale-artistiquement, Veronika IV

14e Stage de chant choral russe – Die 2024

La liberté, si durement acquise, n’est autre qu’un exil déguisé. Paulo Coelho

Cette année 2024, la 14e édition du stage s’est déroulé de 12 à 17 août à Die (Drome). Ce serai la deuxième fois qu’on revient dans cette région au tournant de l’été. Nous étions 18, y compris moi et ma collègue et amie, Natalia Ermilova, chanteuse, violoniste. Cette fois, par le biais de l’association Village Parijevsk, j’ai loué une maison familiale au centre de Die qu’a pu accueillir 8 personnes (un peu trop tassés). Elle s’est trouvé à 3mn à pied du lieu de nos répétitions, mais cela n’a pas empêché d’avoir des retardataires.

Par rapport à des années précédentes, je tiens à le souligner, ce groupe était le mieux préparé. Nous avons pu approfondir davantage les prononciations des sons russes, ainsi que les nuances de l’interprétation liées à chaque chanson. Pour choisir le répertoire, j’ai tenue compte de la situation actuelle dans le monde. Ainsi, j’ai sélectionnée les chansons de provenance des pays de l’ex-Union Soviétique : biélorusse, géorgienne et tsigane, traduites en russe et rendues célèbres.

Comme divertissement en dehors de chant, nous avions la rivière fraiche en bas de la ville avec une piscine à ciel ouvert, les montagnes pour ravisser les yeux, les marchés des artisans du coin et les bars à musique le soir. 

Au deuxième jour de la semaine, nous nous sommes rassemblés en soirée pour partager un repas et faire connaissance. Valentina, la gérante du café-théatre Andarta, nous a gâté avec des pelmenis faites maison et les bulles de Clairette, qui ont rajoutés du pétillant à l’ambiance. Lors des présentations individuelles, il n’était pas surprenant d’entendre que la plupart des stagiaires avaient un passé migrant : russe, ukrainien, italien, algérien, juif, éts. Chacun a exprimé sa façon de le vivre, en tant que 1e, 2e ou 3e génération. Une nostalgie profonde ressort de chaque récit. Le chant traditionnel russe, et même, tout les chants anciens, reflètent souvent cette nostalgie de la terre perdue ou de ses proches.

Avant de faire notre concert de fin de stage le samedi 17 aout nous avons opté pour un déjeuner en plein air sur la terrasse d’un restaurent entouré de montagnes. Un cocktail maison Sptitz à base de clairette, suivi d’un repas savoureux ! Plusieurs toasts ont été portés en signe d’amitié et d’amour : Je vous aime !

Vidéos fin de stage :

Commentaires et réponses au questions :

1 – Que diriez vous de ce stage à quelqu’un qui ne le connait pas ?
2 – Pensez vous revenir et/si : qu’est-ce que vous voudriez améliorer ?

– Je pratique le chant depuis peu. J’ai passé de superbes moments, par un encadrement bienveillant et compétent, qui fait découvrir la technique vocale, la culture et l’âme russes. Le choix des chansons est beau et riche de sensibilité. Florence Denépoux

– Veronika est une très bonne pédagogue : patiente, bonnes indications pour le chant, la respiration, l’écoute,  fait sentir la musique selon provenance. J’aurais souhaité une autre activité dans la journée, comme par exemple du yoga le matin. Nadine

– Chanter Russe tout le plaisir de la langue, qu’on connait ou qu’on apprend. Au début c’est un peu difficile, mais l’oreille se fait et on y trouve du plaisir. Je veux bien revenir mais pas à Die et pas en plein mois d’aout. Bernadette

– J’ai passé une semaine merveilleuse. Difficile de retomber les pieds sur terre. En rentrant dans ma ville de résidence, les chansons me trottaient encore dans la tête. J’espère revenir un autre été pour découvrir la culture russe et une région (si ce n’est pas Die et le Vercors, une autre…). Natacha

– Oh, oui, je reviendrai avec grand plaisir. J’ai aimé les chants que vous nous avez fait travailler. J’ai aimé l’ambiance du stage et le petit concert final. Bernadette

– Une fantastique semaine de vacances à Die. Dimka

– Dans ses robes à fleurs, princesse au piano, Véronika dirige son stage. Une quinzaine de stagiaires venus d’un peu partout, Paris, Suisse, Drôme, Franche comté, Marseille. Sur son visage, ses yeux en amande, posés sur ses pommettes hautes, révèlent son origine Odmourte. Une façon de découvrir cette région de Russie inconnue pour moi. Sur son visage passent toutes les émotions, la surprise, la joie, la déception, la rébellion, l’incompréhension, puis un éclat de rire, c’est beau ça ! Magnifique !
Elle nous fait comprendre les nuances, mais pour cela il faut être débarrassé du texte, ce que nous ne pouvons pas, très peu d’entre nous sont capables de mémoriser une phrase russe. Cependant, grâce à ses conseils sur la prononciation des consonnes dures et molles, nous faisons des progrès. Les vocalises du début puis les massages du visage, l’arrondi de la bouche permettent de ne plus écraser les ‘i’ et de prononcer les ‘a’ en ‘o’ !!! « Pour chanter géorgien, il ne faut pas de martial, pour chanter tzigane il faut être heureux, pas de rigueur, pour chanter la forêt, il faut être conscient de la nature. » Trois voix pour trois chansons. « Les premières font le chant, pour les secondes c‘est plus difficile, il faut s‘effacer un peu, quand aux hommes, aidés par 2 femmes, ils sont là pour soutenir les femmes, ténor et basses ensemble. » Pas à pas, nous progressons, plus à l’aise et notre restitution s‘est bien passée. Merci Véronika de ta gentillesse, de ta compétence, de tes encouragements et du soutien de Natalia. C‘était très chouette de faire un bout de chemin avec vous !!! Nicole PRIVAL

– Un stage finalement  » à la carte  » où chacun (e) est accueilli de manière personnelle, personnalisée. On est tout de suite (mon-ma) chéri, c’est à dire un être cher, important, respecté dans ses besoins. Ouvert à tous, déjà choristes ou pas, russophiles (phones) ou pas. D’abord là pour le cadre de vacances ou d’abord là pour chanter des chansons russes. Hébergé en collectif ou pas. Venus pour (ap) prendre ou pas, pour (rece) voir ou pas, pour donner ou pas. Veronika et Natalia sont complémentaires et donnent sans compter. Elles s’adressent au corps par la technique vocale bien-sûr, une pédagogie rodée, adaptée avec beaucoup de bienveillances pour nous faire travailler les difficultés du français à émettre les sons spécifiques du russe, via la bonne pratique respiratoire et le Ki-Gong (facultatif). Elles s’adressent à l’âme, constamment pleines d’attentions et nous amènent ainsi à progresser tout au long de la semaine. Elles nous exhortent à nous dépasser, à chanter à tue-tête comme à danser, à nager pour se fortifier, à boire de bons Kombuchas, à être ensemble en harmonie (pas qu’au niveau des voix), à vivre. Et les frais pédagogiques sont vraiment réduits au minimum.
Ah oui ! 100%. Pour les non musiciens – et qui est vraiment capable de lire à la volée tous les intervalles à tous les rythme ? – je suggère l’envoie en amont du stage, de chacune des voix chantées dans les trois tessitures. Amitié. Christian

– Très bien. Haut niveau musical, bon apprentissage, relationnel convivial et agréable, bonne organisation, bonne préparation préalable au stage, sérieux et gaité ! Veronika est à la fois brillante et très accessible. Oui, je reviens volontiers. J’aimerais quelques moments de « parler russe », quelques sorties de groupe (cette année, il faisait trop chaud. Peut-être choisir une autre date que le 15 août ? Béatrice

– Enchantée par ce stage très satisfaisant à tous les niveaux. Le lieu géographique magnifique, le lieu de travail nous met dans l’ambiance russe, et le travail choral – échauffement très sérieux et fructueux, choix des chants, prononciation de la langue – tout m’a été profitable et m’a enthousiasmée. Bravo à Véronyka d’avoir su mener tout cela. J’ajoute que nous formions un bon groupe vocal bien équilibré, hommes et femmes avec une sympathique entente. Merci à Natalya pour sa coopération violonistique et votre beau duo que vous nous avez offert en concert. C’était un très bon stage. Bien sûr j’ai très envie de revenir. Si c’est à Die, je resterai une semaine de plus pour avoir le temps de faire des ballades et excursions. Hélène

– J’ai connu Véronika à une époque où elle dirigeait un chœur de simples travailleurs sans aucune éducation musicale. D’enfants qui connaissait pas l’existence des notes, tous chantaient comme des anges. Ça relevait d’un miracle. Voilà comment Véronika m’a conquise à jamais (comme la plupart d’entre vous). Il faut la voir travailler ! Merci, fée des chants. Natalia

Voyage : Thaïlande – Russie

Tant que ma mémoire est fraîche, je vais vous raconter mon expérience de voyage d’un mois de 8/02 au 8/03/2024 en deux étapes – la Thaïlande et la Russie, 2 semaines par pays. Dans le premier, il faisais chaud dehors et froid à l’intérieur, dans le deuxième c’est l’inverse, froid à l’extérieur et chaud à l’intérieur. Les vraies « montagnes russes » !
Mon objectif principal pour ce voyage était de me libérer des préoccupations occidentales liées au covid et à la guerre. Je ne peux vous cacher que ces deux activités ne font pas partie de ma philosophie de vie : la 1e – je ne crois pas au virus mortel, ni au miracle du vaccin, la 2e – les conflits armés, militarisés, ne mènent qu’à la mort, et ce n’est pas la solution digne du vivant intelligent.

En résume, le bilan de mon voyage est plutôt positif. Déjà, au deuxième jour en Thaïlande, j’ai oublié que nous sommes en hiver. La-bas j’ai constaté que les gens peuvent être heureux sans avoir la tour Eiffel. Qu’ils ont le droit d’être pauvres et ne pas savoir parler français pour se comprendre. Qu’il est possible de louer un scooter au bord de la route sans avoir présenté le permis de conduire. Que la terre enneigée est plus claire que le ciel d’hiver. Qu’il n’y a pas de sens de la vie, et oui… nous sommes tellement nombreux sur terre qu’il est quasiment impossible de trouver un endroit où l’on puisse être seule face à la nature.

Bangkok

Bangkok est une ville immense qui bouge grâce aux commerces et au tourisme. Les rues débordent de marchands de nourritures, de restaurations ou de produits locaux de fruits ou de légumes, tout à des prix abordables par rapport à la France. 

Trois jours bien remplis de souvenirs qui me sont personnels : les gens se portent très bien, ils ont leurs propre civilisation qui ne manque ni du confort ni de luxe. Ils sont heureux et souriants, même s’ils travaillent par fois dans des conditions difficiles, sous la chaleur +30/35°C. Les touristes sont très bien vus, car ce sont eux qui leur amènent de l’argent et ils sont conscients de cela, disant Kop Koun Ha (merci) à chaque fois qu’on leur achète quelque chose.

Les toilettes sont propres sans le PQ mais avec un jet d’eau. La nourriture est savoureuse, la cuisine est diversifiée et délicieuse à de petits prix, commençant par 1€ le plat. Les plantes vertes sont de partout sur les trottoirs, les taxis t’amènent où tu veux et quand tu veux pour des prix accessibles même pour une personne au rsa comme moi.

Ce qui m’a vraiment frappé, ce sont les chants d’oiseaux, surtout la nuit. On dirait des cris ! Et c’est loin d’être apaisant, comme j’ai l’habitude de le percevoir. Parfois il était même angoissant de dormir, tant le cri était fort et répétitif à n’en plus finir.

Pour la fin de séjour, nous avons fait un tour d’une heure en bateau sur les canaux de Bangkok au coucher du soleil. Les yeux sont remplis de beauté. De chaque côté de la rive, les maisons sur les piliers qui se succèdent sans interruption, toutes entourées de verdure et de fleurs. Habitations paisibles, pourtant complètement intégrées à la ville urbaine.

Pattaya

J’ai eu la chance d’être invitée par l’ami et collègue Yves Baron le ténor. Avec lui nous nous sommes connus et chantés ensemble à Paris en 2012. Pendant mon séjour il m’a organisé quelques concerts à Pattaya, la ville balnéaire connu pour le tourisme sexuel. Cela ne me concerne pas, bien entendu, je l’ai découvert sur place, mais cela ne m’a pas empêché de voir les bons cotés de cet endroit. J’ai été logé à l’hôtel Momento avec une grande piscine au milieu, dans une chambre climatisée avec une terrasse. Le matin, j’allais chercher une grosse noix de coco pour me rafraîchir, puis je plongeais dans l’eau à une température idéale pour moi, car je suis allergique au froid.

Avant de partir en Thaïlande, j’avais entendu dire qu’il y avait beaucoup de singes là-bas. Malheureusement, je ne les ai aperçu qu’une seule fois sur le parking d’une plage. Par-contre, j’y ai rencontré énormément de russes, touristes ou résidents.

Koh Chang

Mon rêve, c’était de me retrouver sur une plage déserte et paradisiaque, comme on le voit souvent sur des îles en mers chaudes. Alors, en fin, on s’en va au sud de Thaïlande sur l’ile Ko Chang, à 310 km de Bangkok. Je sentais venir une vraie aventure, surtout que le hôte de notre bungalow m’a dit qu’il y a les singes, les éléphants et même la jungle !

C’était une véritable bout du monde : notre habitation se trouvait dans un village touristique sur la plage Bang Bao, avec des bungalow construits sur des pilotis en bois, disposés n’importe comment.

Brulée au deuxième jour par le soleil et ne pouvant plus se mettre sur la plage, nous avons décidé de louer un scooter pour explorer l’ile. J’ai adoré de conduire cet engin à deux roues. J’y retournerais volontiers rien que pour m’évader d’avantage. Car c’est très facile de le louer : 1,50€ par jour, l’essence se vend comme des petits pains dans toutes les épiceries.

Russie (Oudmourtie)

Pour se rendre chez moi en Oudmourtie le Google nous a proposé de passer par la Chine et la capitale de Russie, bien que mon souhait était de traverser la Sibérie en train partant de l’Irkoutsk. Mais, dans un voyage tout est à prendre. On est donc passé une journée à Chengdu qui m’a fait entrevoir le bout de la Chine actuelle. Elle m’a rappelé l’union soviétique par son ordre irréprochable et les gens insouciants. La modernité, là-bas, dépasse largement la France : aucune voiture à essence, les grandes avenues sont propres et sans aucun bruit. Le métro est vaste, le sol est clean comme la patinoire avec des caméras à reconnaissance faciales à l’entrée et la sortie, comme à l’aéroport. Je ne suis pas fan de la ville, alors la prochaine fois, j’irai dans un temple pour m’initier aux arts martiaux et au taoïsme.

Le chez moi nous a accueillit avec un mètre de neige et la température douce de -7°C. Apres une fatigue accumulée du voyage dense en Thaïlande je ne cherchais qu’à me poser dans un banya. L’année dernière, une amie à Ijevsk m’a fait part d’un sauna avec des murs-miroirs qui reflètent la forêt des alentour. C’est alors là qu’on a choisit d’aller se ressourcer. Une journée et nuit passée dans un chalet de luxe, avec un sauna à volonté et la neige qui s’étend tout autour !

Mais ce n’est pas cette expérience qui m’a apaisé. Ce sont les moments de concerts que j’ai donnée dans les trois villes natales : Vonkinsk, Sarapoul et Ijevsk. Je ne chante pas devant le public russe depuis plus de 5 ans, et c’est vital pour un artiste qui s’exprime dans sa langue maternelle. Les visages attentives et les yeux qui réagissent à chaque mot chanté sont comme une conversation avec une personne qui te comprend et qui te soutient. Cela m’importe guère qu’il y a des guerres et des conflits dans le monde, lorsque la voix de l’amour se retentit – tout se tait ! C’est à ce moment que j’ai décidé de continuer mon projet Parijevsk et je retourne dans ma maisonnette cet été, à pied s’il le faut, pour l’aménager et pouvoir vous accueillir en paix.

Ma chanson « Ty ne stoï ou dorogui » repris par le public :

*Crédit photos et vidéos : Cynthia Pedrosa, Татьяна Жуйкова

13e Stage de chant choral russe à Die – 2023

Il ne fait pas bon travailler quand la cigale chante. (Proverbe provençale)

Souvenirs en images

Un jour, en soupirant de désespoir, j’ai avoué à quelqu’un que je me sentais perdu. Après un bref silence, il m’a répondu : on est tous perdus… Cela m’a soulagé et je crois qu’il était sincère.

Genèse

C’est en 2010, l’année d’échanges culturel France-Russie, que j’ai démarré l’organisation de mon stage de chant choral russe à la Rosière en Savoie. Dans le cadre du festival de la culture slave Vent d’Est, encouragé par Alain Grangeon, l’un des organisateurs. Durant ces 10 années je me suis fait l’habitude d’aller me ressourcer de l’oxygène des hautes montagnes. Et comme c’est dans ma nature de partager des bons plans, j’y ai entrainé mes amis et tous les amateurs de chant et de la culture russe que je rencontrait.

Après la période ‘dite’ Covid, et suite au départ à la retraite de mon ami et co-organisateur du stage Alain Grangeon, mais aussi à cause de la situation défavorable à l’égard de la Russie, je me suis senti enclin de quitter ce merveilleux endroit en faveur des découvertes d’autres havres.

Découverte de la Drôme

L’occasion s’est présenté en été 2021. Lors d’un voyage traversant la Drôme, je tombai sur le café-théâtre Andarta où sur la scène trônait un magnifique piano à queue accordé ! Ce joli lieu est géré par Valentina Fazan, une femme de grande culture et de connaissance de l’histoire. Avec elle, nous avons vite trouvé l’entente mutuelle, et lorsque, en mai 2023, je lui ai demandé d’accueillir mon stage, sans hésitation, elle l’a pris sous son aile.

Le café-théâtre Andarta se trouve dans une solide bâtisse en pierres en plein centre de Die, un espace parfait pour s’abriter de la chaleur de mois d’aout. Tout au long de la semaine, nous avions les boissons fraiches du bar et les plats russes préparés par Valentina. Nos soirées finissaient sur la terrasse en bonne humeur arrosées de bulles de la clairette de Die !

Effectif

Cette fois, j’avais une chance inouïe : la présence de mon amie violoncelliste Marina Kiritchenko, qui a fait la grâce de nous accompagner en répétition et en concert. Son jeu et la posture professionnel nous ont soutenus ajoutant à nos chansons la musicalité et la profondeur.

La chorale s’est constitué de 12 femmes et de Patrick. Toutes venues des coins différents de France et même de Zurich ! Toujours, je prends énormément de plaisir à travailler le chant choral, admirative de voir les progressions de jour en jour. Et comme la cerise sur le gâteau, j’ai pu chanter ma gloire à l’Amour lors du concert de la fin du stage !

Ci-dessous, je vous invite à visualiser et écouter notre travail ainsi que lire les impressions de stagiaires.

Affectivement, Veronika

Vidéos Youtube

Les impressions des stagiaires

Pascale Palme : Suite à notre stage, je continue à me réveiller avec un des trois airs que nous avons appris, et même pendant la journée, difficile de se soustraire à la magie de Vyidou notchiou v pole s koniom ou aux rythmes entraînants de Pri narode v khorovode. (lire la suite)

Je voudrais encore dire combien cette petite semaine de chants russes a été pour moi une source d’enrichissement. Je n’ai pas pu seulement chanter pendant six jours avec des collègues sympathiques, mais j’ai été aussi transportée dans un univers nouveau, avec de magnifiques mélodies et les sons d’une langue fascinante. Par ta présence spontanée et ouverte et celle de Marina, nous avons entrevu un petit bout de culture russe.

Antoinette : Ce fut agréable malgré la chaleur. Enfin, cela m’a donné envie de me remettre au russe, histoire de me rappeler un peu mes études d’il y a … très longtemps, plus d’un demi siècle!

Natacha Boutry : J’ai appris des choses sur la prononciation de la langue et la culture russe. Bonne entente du groupe, plaisir de chanter avec les participantes et Patrick. J’ai aussi apprécié les soirées passées au café Andarta (bien que cela ferme à 22h, un peu tôt). Partante pour revenir chanter à Die, ou dans une autre région, ce serait pas mal aussi.

Claire Lévy-Vroelant : Merci pour cette semaine. J’ai pris beaucoup de plaisir à chanter dans ce groupe, l’ambiance était très agréable et bienveillante. Je me suis demandé à plusieurs reprises comment nous allions parvenir à un résultat présentable et j’ai été « bluffée » par le savoir-faire de Veronika ! Apprendre et mémoriser des paroles en langue russe a été aussi une découverte bien plaisante. Merci pour cette belle expérience.

Manuela : Merci beaucoup pour ta passion du chant et ta technicité que j’apprécierais volontiers sur un temps plus long. Le russe est accessoire pour moi mais le chant est une belle introduction à la langue. (lire la suite)

Je pense que Karine et moi avions bien préparé les 3 chants, ça aurait été agréable que d’autres que nous soient capables de lever le nez des partitions de temps en temps pour un gain de temps et surtout une plus grande communion dans le chant… Mais dans tous les groupes, l’investissement est très variable. De mon côté je vais continuer à chanter les 3 chants en tentant de corriger ma prononciation. J’ai pris cet apprentissage comme un exercice de diction mais pour les ‘L’ je suis loin du compte, je dois revenir en stage !!!

Patrick : Super ! J’ai beaucoup apprécié ce stage de chant. Veronika nous a beaucoup appris : à chanter ensemble, à se mettre au niveau des registres des voix qui donnent la dynamique de chant choral. Veronika a une grande capacité d’attention et d’enseignement adapté à chacun. Patrick

12e Stage de chant choral russe à l’Espace Jardiner ses Possibles – 2022

Le bien être s’appuie essentiellement sur le plaisir d’être qui je suis, là au présent. Ce bien être est agrandi par le plaisir de pouvoir le partager avec un proche qui saura le recevoir et surtout l’agrandir.

Jacques Salomé

Compte rendu de mon atelier Chant Choral Russe à l’Espace Jardiner ses Possibles au camping Entre Mer et Foret, à Meschers-sur-Gironde (17). Il a eu lieu du 13 au 20 aout 2022.

Mon Stage de Chant Choral Russe a débuté il y a 11 ans à la Rosière (en Savoie) dans le cadre du festival Vent d’Est. Mon ami et collaborateur Alain Grangeon l’avait baptisé le Chœur des Cimes. 

Cette année, vu la situation compliquée à l’Est, je n’ai pas voulu me lancer dans une promotion habituelle de cette activité. Avec un groupe plus restreint, je suis parti à l’aventure dans un nouveau lieu, à l’ouest de la France : l’Espace des possibles . Né en janvier 1977 selon l’esprit libertaire de 1968, il a toujours gardé l’empreinte de cette époque. Attirée par l’océan, et l’ambiance soixante-huitarde décontractée (que m’avait vantée mon ami David Andre Hesme) j’ai décidé d’offrir mes compétences musicales dans ce lieu. D’y faire vivre l’âme slave en chansons.

En signe de réunification des peuples et pour la paix, j’avais mis en avant la chanson « Perevedi mania tcherez maïdan » (Aide moi traverser le maïdan*). C’est à l’origine un poème ukrainien, traduit par une poétesse russe (juive) et mis en musique par un compositeur-interprète russe. 

Je vous laisse écouter la représentation finale lors du concert synergie où une vingtaine d’autres ateliers montraient aussi leur travail :

* place du village en ukrainien 

Représentation en concert à la fin de la semaine

Traduction

« Aide-moi à traverser le maidan »

Un troubadour aveugle ne sait que chanter. Il veut traverser le maïdan (la place du village) où le hasard peut lui faire rencontrer son ancien amour, la mère de son fils, qu'il a quittée lorsqu'il est devenu aveugle. Il l'a quittée à cause de sa propre misère, mais continue de l'aimer. Il risque aussi de rencontrer son fils, maintenant devenu lui
aussi un chanteur errant.

Maidan est une place de village, dont un des côtés est bordé non pas par des maisons, mais par un espace naturel de champs. Le troubadour veut mourir en silence, dans le champs où les abeilles "gémissent dans le sarrasin". Mais il est aveugle et ne sait pas que, pendant qu'il était aveugle, le village est devenu une ville et le champ a été construit. Il n’a plus nulle part où aller.

Il demande de l’aider, mais personne ne le remarque. Il marche seul et meurt sur la place.

Mythologie :
1) Un homme meurt. La vie turbulente vécue passe sous ses yeux dans son esprit (maïdan). Il supplie d’accélérer la transition vers l’au-delà (champ), où il s’attend à trouver le calme, mais l’au-delà n’existe pas.

2) Maïdan est une allégorie du passé, les souvenirs du passé, où la femme et le fils bien-aimés restent pour toujours. Le champ derrière le Maïdan est une continuation de la vie. Mais le héros meurt et reste aussi dans le passé.

MON PERIPLE

Ouverte aux rencontres je me suis plongée le 13 aout pour une semaine dans l’ambiance de l’Espace jardiner ses possibles. Contrairement à l’idée que je me suis faite : nourrie et logée en échange de mes compétences, je me suis retrouvée dans une tente sur un matelas gonflable avec des repas à 11€ à la cantine sauf les petits déjeuners qui étaient offerts. La dernière fois que j’ai vécu une telle absence d’accueil et un confort aussi spartiate, c’etait à l’Union soviétique ! 

Fatiguée après des heures de conduite dans une chaleur accablante (sans air conditionné), je me retrouve à chercher ma tente n°20 au milieu de 5 Ga de foret dont personne ne sait m’indiquer l’emplacement. Désespérée, je finis pas rejoindre la réunion des intervenants, dits ‘proposants’. Malgré mon état visiblement épuisé et mes demandes de nourritures, je me farcis 2h de discours dont je n’ai retenu qu’une seule chose : on est dans un espace libre mais, on a pas le droit de faire la ‘romance’ entre les proposants ni avec les ‘espaciens’ ! J’ai encore le souvenir de l’URSS où le sexe n’existait pas ; mais entendre pareilles choses en France où le sexe est perçu comme le souffle meme de la vie, cela m’a vraiment semblé un comble. En fait, je suis arrivée dans un lieu où chacun doit tout faire tout seul : trouver le lieu désigné pour son atelier, transporter tout les jour son piano aller/retour d’une salle à l’autre, se trouver des ami(e)s pour vous aider etc… Et tant pis si je n’ai pas d’argent pour me nourrir. 

Oui, je suis responsable de mes choix. Du fait que la qualité de mon travail de l’atelier doit être à la hauteur de mes attentes ; je n’ai pas renoncé à l’engagement. 

Comme récompense après mes déceptions, pour cette session du stage, j’ai une trentaine d’inscrits à l’atelier, un groupe d’enthousiastes en plein forme et déterminés à chanter, malgré leur ignorance de la langue russe et zéro notion en chant. Tous les apres midi ils ont fait résonner la très belle salle d’un son puissant, allant de basse au soprano.

Répétition de l’atelier Chant Choral Russe

Pour survivre à la pluie et aux conditions rudimentaires du camping je me suis organisée une escapade à l’extérieur, en quête d’un lit plus propice au repos. 

Une chance inouïe m’est offerte : deux de mes stagiaires de l’année précédente ont une maison de vacance à 5km du camping. Elles avaient voulu participer à mon atelier, mais les prix extravagants les ont dissuadées. Grace à notre rencontre fortuite, nous restions en contact dès le début du stage. Avec une joie tonitruante j’ai squatté une chambre de leur maison, à l’étage, avec une fenêtre donnant sur un beau figuier. Enfin nourrie et logée correctement.

POSTE SEMAINE DE STAGE  

La dernière nuit, apres le concert, je suis restée dormir dans la tente pour récupérer mon cheque de caution le matin… Cette nuit m’aura été fatale.. Le lendemain j’ai développé une crève d’anthologie : +39 de fièvre, la gorge encombrée, le rhume, la toux, la fatigue. Vous allez dire que c’est là une maladie à la mode (!) Mais je n’en crois rien. 

Puis retour à Paris en urgence : notre chat est tombé par la fenêtre du 3e etage. Hospitalisé, il est sous l’oxygène pour la modique somme de 984€. En tant que bénéficiaire du RSA, j’obtiens quand meme une remise de 350€.

L’ESPOIR

Malgré toutes les difficultés liés à l’organisation j’ai pris un grand plaisir de mener cet atelier. A la fin de la semaine j’ai reçu des retours sincères et des marques de reconnaissance que je garderai dans mon coeur pendant de longues mois… Jusqu’au prochain stage, l’été prochain, je ne sais pas encore où !

Vive la liberté et le bien être qui nous mènent vers de nouvelles rencontres et des collaborations fructueuses !

11e Stage de chant choral russe à la Rosière – 2021

Le bonheur, c’est l’absence de douleurs

Patrice Marty

Une semaine sans nuages dans le ciel ni dans les relations au stage ! Cette année le groupe n’était pas très nombreux, 13 stagiaires, mais il a fait preuve de grande motivation, discipline et organisation quotidienne irréprochable ! Je remercie particulièrement : Brigitte, d’avoir pris les rennes de la gestion des repas, Céline pour ses belles photos, Violaine de m’avoir secondé pour l’arrivée au stage, Michel pour la prise en main du barbecue, Marie-Christine pour sa belle salade du hareng, Tsetsa pour son sourire et le chant angélique, Jean-Jacques pour sa voix puissante et bien-sur tout ceux qui je n’ai pas cité mais apprécié pour leurs sagesses et leurs patiences.

Je suis comblée du résultat d’interprétation de toutes ces nouvelles chansons : Belovejskaia poustcha, Ty vospoï, soloveïko, Vinovata li ia, Prostchaï radost’ à écouter ci-dessous. Vous pouvez aussi revoir les photos prises lors du séjour par les stagiaires avec l’aimable accord de ces derniers. (Veronika Boulytcheva)

« Ederlezi » – soliste Tsetsa Gery

Représentation de « Soloveiko » après 2 jours de répétitions

Représentation à la fin du stage en face de l’Office de Tourisme de la Rosière

Répétition de « Vinovata li ya » au chalet Les Balcons


Diaporama de photos de la nature sur la chanson « Belovejskaia poustcha »

Les commentaires de stagiaires

Merci

pour cette chouette semaine, idéale pour une novice comme moi, tant en russe qu’en chant.

Violaine

Un grand merci

pour le choix des chansons et la direction du chœur.

Gérard

Merci

pour cette belle semaine en musique. Ces chansons tant merveilleuses et si émouvantes ! Encore une fois un choix réussit.

Marie-Christine et Michel


1000 merci

pour cette chouette semaine de chant et de bonne humeur, de partage et de bon temps

Céline

Merci

pour cette belle aventure, pour ta patience, pour tout cet amour.

Tsétsa

Merci

Super stage musicale avec toi, Veronika. A l’année prochaine !

Jacqueline


Merci,

Veronika, d’avoir été le chef de chœur et de cœur. Très belle semaine une parenthèse enchantée. Musique, convivialité, attention à l’autre.

Édith

Спасибо большое

De grands moments d’émotion, de communication, d’amitié !

Chantal

Merci !

Encore une belle semaine partagée. Une cheffe de chœur au top !

Cynthia


Enchantée d’être venue participer à ta choral, moments chaleureux et inoubliables.

Brigitte

10e Stage de Chant choral russe à la Rosière – 2020

« La mer la plus profonde a un fond, la montagne la plus haute a une cime. »

Proverbe chinois

Après le confinement, désireux de s’immerger dans la nature, malgré la crainte du Covid, nous nous sommes retrouvé à 30 stagiaires dans trois appartements du chalet Les Balcons de la Rosière. De tous âges, venus de toute la France, nous nous sommes plongés dans la semaine ensoleillé, remplis de joie de se retrouver et de chanter ensemble.

Cette année j’ai pris énormément du plaisir à travailler avec des gens motivés et courageux le répertoire de trois chansons : « Otgovorila rostcha zolotaia », « Tsveti Rossia », « Luba, bratsy, luba ». Par l’annulation du festival russe « Vent d’Est », qui habituellement encadrait la semaine du stage, nous avons fait notre concert de fin de stage sur la place de l’office du tourisme pour le public de la rue. La soirée raclette au début de la semaine à permis au stagiaires de faire la connaissance, nous l’avons finalisé avec la discothèque animée par les jeunes du stage. Tous les soirs nous nous rendions visites spontanées dans les appartements souvent accompagnés de chants et de « zakouskis ».

Je tiens à remercier particulièrement : Cynthia Pedrosa, de m’avoir aidé à gérer l’organisation du stage, Pascal Hemery de la magie de sa flute à nous accompagner, Céline Auvinet de nous avoir fait des photos extraordinaires, Claude Colonna qui nous a encouragé filmant le clip et Alain Grangeon, mon coorganisateur, qui trouvait toujours des solutions aux problèmes et donnait des idées pour rendre notre séjours agréable.

Je vous mets ci-dessous le clip vidéo que nous avons réalisé à la fin du stage tout en haut des montagnes, des photos, le moment de répétition et des témoignages. (Veronika Boulytcheva)


Cameramans : Pascal Hemery & Claude Colonna; Montage & enregistrement : Veronika Boulytcheva

Témoignages de stagiaires

« Très bon ambiance, très convivial ! »

« Il n’y a pas besoin de savoir parler russe ni de savoir chanter avant de venir, c’est adapté et le fait d’être plusieurs par pupitre aide énormément. L’organisation quotidienne fait qu’on peut avoir des temps en groupe mais aussi des temps à soi. »

« Venez! C’est l’occasion de faire des connaissances, de passer de bons moments dans un cadre fantastique. Et de réussir en moins d’une semaine à chanter ensemble trois ou quatre belles chansons russes. »

« Une ambiance joyeuse dans la partie chant et un magnifique cadre en montagne »

« Une super découverte pour une future activité extra-professionnelle, de belles rencontres dans un cadre exceptionnel, un enseignement de qualité et tout ça pour un prix vraiment super. »

« Une merveilleuse expérience dans un cadre exceptionnel qui offre une large palette de loisirs et activités en dehors des répétitions. Dirigé par une cheffe de cœur dont l’enthousiasme soulève les voix, les choristes apprennent de très mélodieux chants russes avec un plaisir collectif. »

« Cet été pas de virée sur nos vaillantes bicyclettes
Nous sommes allées dans les Alpes déguster leur bonne raclette
Passer des journées à monter des cols, ça galbe les gambettes
Et se reposer au spa, vue sur les montagnes, c’est super chouette
Première expérience à la Rosière dans une chorale de chant russe
Sur un malentendu, ça peut le faire, comme disait Jean Claude Dusse
Un concert devant un public en liesse et de l émotion plus plus plus
Avec un clip en haut du col saint Bernard où nous n’étions que des petites puces. »

Jennifer

« Ça à l’air super, tant au niveau chant qu’au niveau épanouissement personnel de la richesse des rencontres humaines. Je reviendrai le faire pour de vrai l’année prochaine ! »

Cleude

9e Stage de chant choral russe à la Rosière – 2019

« Une amitié fondé sur le travail est préférable à un travail fondé sur l’amitié »

John D.Rockefeller

Contrairement à l’année dernière où j’ai eu la difficulté de gérer des comportements difficiles de certains stagiaires, cette année a été une récompense ! Un groupe formidable constitué de gens de tous âges venus de quatre coins de la France, en solo, en famille, et même, un ami venu de Russie ! Le travail se faisait dans un bon climat amical et de compréhension. Alterné de promenades dans les montagnes où l’on trouve les fraises des bois et des myrtilles à volonté (!), sortie en Italie pour goûter des pizzas, la soirée raclette, réunions autour d’un thé ou de Genépi et tout cela est agrémenté de discussions philosophiques où l’humour était au rendez-vous. Un nouveau complexe spa Alparena avec fitness nous a été offert dans le cadre de l’hébergement : relaxations au sauna, hammam, jacuzzi et piscine sans limites. (Veronika Boulytcheva)

Souvenirs en photos :

Les participants parlent du stage :

« Ravie de ces quelques heures de musique avec vous. Merci pour votre pédagogie, votre gentillesse, votre patience, votre exigence qui m’a fait faire un retour en arrière en pensant  à mes profs de musique, qui ne laissaient rien passer. » Anne-Marie Fortin

« Veronika a du cœur, du talent et du métier. Elle est capable en seulement quelques jours de constituer un chœur russe à quatre voix avec des inconnus francophones qui ne s’étaient jamais rencontrés et qui pour beaucoup ne parlent pas un mot de russe et n’avaient jamais chanté dans une chorale. C’est un exploit que j’ai vécu pour la troisième fois et que j’espère bien renouveler l’an prochain à La Rosière 1850 en Savoie. La balade au col du Petit Saint Bernard et à La Thuile en Italie est un moment vraiment sympathique où le choeur partage une amitié sincère et quasiment un esprit de famille dans un décor époustouflant. » Gérard Guerin

« Superbe souvenir, très émouvant…
Ton mérite de parvenir à diriger cette petite colonie de improbable, agitée, bavarde, peu disciplinée, de petits et de grands enfants… Mais vivante et spontanée !
Jolie petite ruche au travail, en ébullition… Nous étions avec toi le miel « toutes fleurs » de Savoie… parfumé de vents d’Est…
Merci « Verone Fragole di bosco » ( Verone fraise des bois ), d’être allée chercher, si patiemment, et avec amour, le pollen de chacun et chacune. » David André-Hesme

« Ce stage est une belle épopée , un pont entre la France et la Russie, de belles rencontres, une nature riche foisonnante de myrtilles et de fraise des bois. J’y retournerai avec enthousiasme » Cynthia Pedrosa

Répétition

Représentation sur scene au gala concert du festival Vent d’Est

Loisir à la Rosière