3.Voyage au Village Parijevsk – été 2014

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3 eme partie : 12. Notre groupe d’étudiants en russe – acteurs est reparti. Les 3 Roannais sont allés visiter Ekaterinbourg, Nijniy Taguil et Verhniaia Salda. Nous nous retrouvons tous à Perm pour aller ensemble au nord de l’Oural – Solikamsk et plus … Lire la suite

3eme Festival Parijevsk

Le 3ème Festival PARIJEVSK aurganise par l’association « Village Parijevsk » a au lieu en Oudmourtie du 1 au 31 juillet 2012 

Voyage : Ont pris part au festival 15 français, 10 suisses et plus d’une centaine d’artistes locaux. Les festivités dans leur ensemble ont touché au moins 2000 spectateurs, et ont été relayées par les médias locaux (radio, presse, télévision).

But : Découverte de la Russie profonde de la région de l’Oural, avec pour but des échanges socioculturels via la participation au 4ème Festival Interculturel «PariJevsk» sur le thème de « Art Médiéval: parallèles entre les époques et les peuples »

Le Festival s’est déroulé sur 6 villes, 3 villages et 1 site historique :

Le voyage s’est divise en 4 aires géographiques: Oural de l’Ouest, du Nord, de l’Est, du Sud réparties sur quatre semaines du juillet

Au programme : conférences, concerts, rencontres – échanges, master classes, « buffet française médiéval »

Photod’événement à Ijevsk

Radio : Media Groupe Vremia IJEVSK Передача Алёны Арбалетовой

Presse : La Russie d’Aujourd’hui Echange de traditions de l’Oural à la France
Internet journal « I love IJEVSK » Фестиваль «ПарИжевск» прошел в столице Удмуртии
Internet Site Volonter « Sfera » Анонс Юный Нижегородец

Télévision :

Chaîne nationale « Oudmourtskaia Pravda »

1e chaîne nationale de Russie à Kazan

Chaîne locale à Perm « Orfeï »

Ciné-débat à La Place Rouge

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Dimanche 12 janvier 2014 à 15h

à La Place Rouge – restaurant russe de Roanne
2, Place du Marché, 42300 Roanne
Tel: 04 77 71 39 76 / Entrée libre

La projection de deux séquences du film « Oural, monstre industriel » :
« Retour à Mousliumovo » sur les conséquences de l’accident du complexe nucléaire «Mayak » et « Armes chimiques : un héritage encombrant », recueil de témoignages sur la destruction des armes chimiques en Oudmourtie.

Teaser « Oural, le monstre industriel » 

Bilan de notre aventure

Ciné-débat le 22 décembre à Moscou

Image

Ciné-débat 22 décembre à Moscou

En partenariat avec le centre Interculturel « Chisty pereoulok » de Moscou, nous organisons la projection de deux séquences du film « Oural, monstre industriel » : « Retour à Mousliumovo » sur les conséquences de l’accident du complexe nucléaire « Mayak » et « Armes chimiques : un héritage encombrant », recueil de témoignages sur la destruction des armes chimiques en Oudmourtie.

Dimanche 22 décembre à 18h
Dimanche 22 décembre à 19h  / Воскресенье 22 декабря в 19:00
Centre interculturel « Tchisty pereoulok »
Moscou, Tchisty pereoulok, dom 6, korpous 1,
Tél: 8 967 070 17 41 / 8 926 373 02 44
Entrée libre

Voir le Teaser « Oural, le monstre industriel »

Bilan de notre aventure (par Stéphanie)

Les villes-usines

Notre objectif était de filmer un panorama de l’industrie en Oural, région centrale de la Russie, dont l’emplacement et les richesses du sous-sol en ont fait historiquement son cœur industriel.

Nous souhaitions rendre un portrait de cette région, à travers la rencontre de ses acteurs de l’intérieur : ouvriers, ingénieurs, mineurs, ceux dont la vie et l’histoire familiale est intrinsèquement liée à l’usine, ceux pour qui sa disparition serait un drame. Partout dans ces villes, des affiches, des slogans mettant en valeur les métiers de l’usine, qui l’appellent « rodnoi », adjectif russe intraduisible en français, décrivant un lien intime, de parenté… Difficile de distinguer la propagande du réel attachement des habitants à leur usine, où l’immense majorité d’entre eux travaille de générations en générations. La ville-usine est souvent comme un pays dans le pays, avec ses propres valeurs, ses fêtes, les sorties organisées par le syndicat, son infrastructure sportive, culturelle, son propre hôpital, relayées par la télévision ou le journal de l’usine. L’ouvrier méritant reçoit même un bon de vacances pour aller dans un des centres de repos de l’usine à la mer ou à la montagne, afin de ne jamais oublier, même loin des machines, tout ce qu’il lui doit.

Ainsi nous avons été à la rencontre d’une vingtaine de villes-usines, dont l’existence est dépendante de la production à laquelle elle est associée. Notre voyage se termine symboliquement par une ville née autour d’une carrière d’asphalte – sitôt le gisement épuisé, la ville est tombée en ruines dans les années 70s… Cependant les enfants de l’époque, aujourd’hui adultes, s’y réunissent chaque année le temps d’un weekend afin de se remémorer leur « paradis perdu ». Nikolai, géant aux faux airs de Depardieu, nous dit en refoulant ses larmes qu’ « un homme qui a perdu l’endroit de ses racines est orphelin ».

MagnitogorskL’usine nous fait vivre et nous tue

Ce qui nous intéressait particulièrement est l’ambiguïté de ce lien entre l’homme et l’usine, qui le fait vivre et le tue à la fois. L’espérance de vie en Oural est en effet beaucoup plus basse que la moyenne nationale. Les métiers de la métallurgie mettent l’homme dans des conditions extrêmes : il se bat avec le métal en fusion, cohabite avec des procédés chimiques toxiques qui contaminent l’environnement, en empoisonnant les eaux souterraines, rendant les lacs impropres à la baignade, dénaturant les paysages. Cependant combien de fois ai-je entendu cette phrase (résultat d’un lavage de cerveau ou fascination réelle?) : « il n’y a rien de plus beau que le métal en fusion ». Beaucoup d’enfants naissent asthmatiques dans les grands complexes industriels de Magnitogorsk ou Chelyabinsk. Bien sûr, la population elle-même fait le lien avec l’activité industrielle : mais c’est le prix à payer, les « dommages collatéraux ».

D’autre part, cette activité sert avant tout l’industrie de l’armement. L’Oural est l’arsenal de la Russie, tous les habitants y ont plus ou moins les mains dans le complexe militaro-industriel. Même cette babushka minuscule en costume oudmourte, qui après m’avoir enseigné un chant traditionnel, me confie qu’elle a assemblé des obus toute sa vie, « comme si c’était des jouets ». Ou ce musicien pacifiste, ouvrier à l’usine de missiles, qui me dit qu’un pays fort doit avoir une armée forte… Et Kostia, armurier à l’usine Kalashnikov, avouant à la caméra qu’il « déteste les armes », mais qu’il faut bien nourrir sa famille.

Bilan de notre tournage

 20000 kilomètres en 45 jours, 50 rencontres dans 28 villes différentes…

Le bilan de notre aventure dépasse toutes nos espérances. Partis le 15 juin de Paris, nous n’avons pas passé une seule journée off depuis… Nous avons accumulé 80 heures d’interviews valides et de paysages divers : carrière de talc, d’amiante, mine d’or, usine de titane, de tanks, de locomotives. Tous les contacts établis au préalable, par un travail préparatoire de plusieurs mois, ont été confirmés sur place et ont assuré la qualité du projet. Nous avons eu la chance de filmer en exclusivité dans des usines où aucune équipe de tournage étrangère n’a pu entrer. Nous avons eu la possibilité inouïe de passer la nuit chez le dernier habitant du village Muslimovo, évacué à cause des rejets radioactifs de la centrale voisine. Nous avons pu dans tous les cas recueillir des témoignages sincères, permis par notre maîtrise de la langue et notre statut d’artistes.

Notre voiture, « maison à roulette », a été notre abris pour quelques nuits lorsque nous étions en route entre deux étapes. Mais nous avons avant tout été les victimes consentantes de la légendaire hospitalité russe, et avons été hebergés et nourris jusqu’aux oreilles chez l’habitant tous les 2 jours.

Le développement d’une conscience globale

 Notre démarche a été l’occasion pour beaucoup de « vider leur sac », d’enfin parler de cette angoisse dans laquelle ils vivent, pour eux-mêmes et leur enfants. Une femme de Kambarka, où se trouve un centre de retraitement des armes chimiques, nous a confié avec beaucoup d’émotion la peur panique qu’elle avait d’élever ses enfants dans cette ville, l’impossibilité d’en partir… Des enfants de Karabash, l’une des villes les plus polluées du monde (dans la région de Chelyabinsk), nous disent en sautant entre des flaques fluorescentes rouges, vertes, que la seule solution pour que la ville redevienne propre est d’en enlever définitivement l’usine et de mettre des arbres à la place.

Notre voyage ne s’est pas passé sans encombre : nous avons été arrêtés à plusieurs reprises. Jamais de raison valable, outre le fait que nous nous intéressions de trop près à des choses qui sont censées rester secrètes. Seulement, la peur éprouvée comme l’attitude des policiers est d’une autre époque.  « En Russie, tout est secret, mais tout se sait » disait déjà la tsarine Catherine II. La vie des gens de l’Oural nous concerne, en tant que Français, et en tant que citoyens du monde. Le titane de nos Airbus, l’acier, le potassium indispensable à l’agriculture viennent d’Oural. Notre uranium usagé y est envoyé pour être réenrichi, dans cette centrale même près de Chelyabinsk, tandis que les villages voisins tels Muslimovo sont traversés par la Techa, rivière hautement radioactive.la rivière Techa

Beaucoup d’interviewés ont accepté de parler, à la condition que le film ne soit pas montré en Russie. Nous mettant dans la peau de journalistes d’investigation russes pour ce travail, nous avons ressenti la réelle pression et le danger non moins réel qu’ils ont à exercer leur activité de recherche de la vérité. Nous nous sommes mis en relation avec des militants des droits de l’homme, notamment l’association Memorial dans son antenne d’Ekaterinbourg. Les murs de l’escalier menant à la salle de réunion sont émaillés des portraits de leurs journalistes assassinés (parmi lesquels la plus connue en France, Anna Politkovskaia).

Communication

Nous avons régulièrement relaté nos aventures sur ce blog, par le biais de carnet de route, de photos, des pensées secrètes de Jérémy ou d’Alanis, notre chienne aussi de l’aventure…

Les médiaux locaux se sont aussi beaucoup intéressés à notre projet. On peut notamment consulter sur internet (avec sous-titres français) les reportages que nous consacrent des télévisions locales :

En parallèle de notre tournage, nous avons organisé un festival écologique dans 5 villes et villages d’Oural : Kigbaevo, Votkinsk, Chaikovsky, Ijevsk et Glazov. La journée se composait de conférences le matin avec des intervenants russes et français, sur des thèmes écologiques, et d’ateliers pour enfants l’après-midi. Par exemple, un atelier d’art plastique à base de recyclage. Au goûter, nous proposions des cocktails de fruits et de légumes. Le soir, artistes russes et français partageait la scène.
Voir l’album photo du festival à Ijevsk

Et maintenant…

Depuis notre retour à Paris, nous entamons la deuxième étape de l’aventure : le montage du film. C’est un travail laborieux de part l’abondance de rushes valables et l’étendue du tournage. Nous réfléchissons à construire une série documentaire de 3 ou 4 film, consacré à une région de l’Oural en particulier.

Sous l’égide de Cheburashka

La première projection aura lieu fin mars 2014 dans l’auditorium de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales.

A l’usine de titane AVISMA

Vidéo

Nous avons eu l’occasion unique d’entrer et de filmer dans l’usine AVISMA/VSMPO à Berezniki. L’entreprise est leader de la production mondiale de titane et de magnesium.
La télévision de l’usine filme notre visite.

Première page sur nous et article en p.4 dans le journal de l’usine, Металлург

Témoignages de participants au festival « Parijevsk » en 2011

Sonia Moussungu (d’origine russe, vit à Paris)

Sonia Mussungu

Sonia Mussungu

Je suis très contente et émue. Pour moi, qui ne suis pas artiste, le rythme a été trop rapide (concerts et visite). J’ai été ravie par la rencontre avec les gens qui sont très gentils (vraiment pas parisiens!) J’ai regretté que les ateliers thématiques n’aient pas été suffisamment annoncés afin que davantage de personne viennent échanger.  Je serais prête à refaire ce genre de rencontres professionnelles. Je pense aussi que les gens seront peut-être plus curieux et informés l’année prochaine. Encore merci à tous ceux qui nous ont accueillis, rencontrés.


Vassili et Tatiana

Vassili et Tatiana

Tatiana Moussungu (11 ans)

J’ai trouvé ce festival très bien, le but était très intéressant. Cela devrait être plus long, fait sur 2 semaines : 1 partie en France, 1 partie en Russie


Vassili Moussungu (9 ans)

J’aurais voulu plus de concerts, plus de rencontres avec des jeunes. J’aimais bien dormir chez l’habitant, à Votkinsk. »


Mya Boulytcheva (10 ans)

Mya

Mya

Bonjour à tous. Je m’appel Mya , j’ai 10 ans, j’habite en France à Maisons Alfort. Je vais en Russie depuis l’age de 2 ans et demi car ma grand mère y habite. Elle s’appel Lya Petrovna, elle habite en Oural, précisément à  Kigbaevo . Moi, j’adore cet endroit, ce petit village avec des petits maisons en bois et c’est très rigolo, ça me fait pensait à des maisons de poupées. Mais c’est vraiment celui que je préfère parce qu’il est très génial et il y a ma meilleur amie qui habite. Puis on peut faire tout ceux qu’on veut et revenir à l’heur qu’on veut sans les parents et moi j’ aime bien ça ! Je déteste les villes en Russie ça fait vroumm.., vroumm et c’est tout, et c’est pas propre. On peut se baigner dans le lac ou dans la rivière. ☺
Vive KIGBAEVO!!


Pascale-Stepgane

Pascale et Stéphane Brastchi

Stéphane et Pascale (les Suisses, vivent à Genève)

Chère Veronika, chère Irina, nous avons vécu un voyage vraiment inoubliable !!!  15 jours de dépaysement complet avec des rencontres surprenantes : par  exemple le « dernier trolleybus » а Moscou après le concert quand le chauffeur du
bus a chanté pour nous en nous ramenant а Arbat, des espaces surprenants :  par leur étendue, pour nous suisses qui vivons une forte densité de peuplement  dans tout le pays des situations surprenantes : comme les (més)aventures de
l’hotel а Sarapoul,et des gens si adorables et chaleureux tels que Youri et sa  famille, Irina et la maman de Veronika et l’accueil а la gare de Sarapoul avec chants, danses, brioche et miel : йmotions ! et le festival : un folklore  oudmourte – musique et danses – vivant, palpitant, passionné j’ai été en particulier profondément ému par les chants des 3 jeunes femmes accompagnées а la cithare (krezh) а Ijevsk.
Stephan – nous avons été frappés par :
– le grand respect mutuel des passagers des trains : nous ne nous y attendions pasen Oudmourtie :<
– le respect des automobilistes pour les transports publics et les piйtons : encore mieux qu’en Angleterre
– le niveau de vie des gens est trиs différent du notre : et leurs problématiques et leurs priorités sont bien différentes des nôtres regrets :
– il est difficile de communiquer avec les gens sans maîtriser un tant soit peu la langue russe et la plupart des gens n’arrivent pas а parler lentement ou avec des mots
simples pour les étrangers. Vraiment pas évident meme en ayant pris des cours, mais je suis motivé pour poursuivre l’apprentissage
Pascale: durant le voyage j’ai appris а déchiffrer l’alphabet cyrillique
– ne pas avoir pu dormir au village oudmourte (а cause de la météo) ni chez l’habitant nous nous en réjouissions de plus les récits de ceux qui ont pu le vivre montraient la richesse de ces rencontres et puis ce voyage ça a été aussi un dépassement de soi :
– la préparation de la participation au festival, apprendre а gérer son trac
– la préparation de la conférence ce fut l’occasion de découvrir qu’on devient en quelque sorte un ambassadeur de son pays.  Vraiment chouette !

Stephan : moi je suis partant pour une nouvelle aventure, si l’occasion se présente et nous nous réjouissons rester en contact et de vous accueillir chez nous, dиs que vous aurez l’occasion de venir а Genève.
Merci du fond du cœur !
Stéphane et Pascale